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Un jeune condamné pour un incendie criminel serait relâché 40 ans plus tard

01/04/2013 11:20 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

TUCSON, États-Unis - Un homme qui a passé plus de quarante ans derrière les barreaux pour avoir mis le feu à un hôtel de Tucson, en Arizona, devrait être libéré mardi grâce à une entente avec les procureurs.

Le brasier avait provoqué la mort de 29 personnes, dont certaines sont décédées en sautant des fenêtres pour tenter d'échapper aux flammes.

Louis Cuen Taylor avait été condamné pour meurtre relativement à l'incendie de l'hôtel Pioneer, survenu en décembre 1970. L'homme, qui était âgé de 16 ans à l'époque, a toujours clamé son innocence. Il aura 59 ans plus tard cette semaine.

Taylor devrait plaider coupable à une accusation de meurtre dans un accord de non-contestation conclu avec les procureurs. Cette entente mettra de côté le premier jugement rendu et tiendra compte des années déjà purgées en prison, selon ce qu'a rapporté le quotidien The Arizona Daily Star.

L'incendie avait éclaté lors d'une soirée de Noël organisée pour les employés d'une compagnie aérienne, et plusieurs invités s'étaient retrouvés coincés dans leur chambre. Le bâtiment n'était pas équipé d'un système d'extincteurs et les sorties avaient été barrées pour prévenir d'éventuels vols. Les échelles des camions de pompiers s'étaient révélées trop courtes pour atteindre les étages supérieurs de l'hôtel.

Si la plupart des victimes avaient péri empoisonnées avec du monoxyde de carbone, d'autres étaient morts brûlés vifs, tandis que certains avaient sauté par-dessus le rebord des fenêtres.

Taylor se trouvait sur place au moment de la tragédie, et avait tenté de contenir les flammes à l'aide d'un des employés de l'hôtel. Il avait ensuite aidé des invités à s'échapper de l'incendie. Plusieurs heures plus tard, l'adolescent avait été interpellé par les policiers, puis interrogé sans consentement parental et accusé d'avoir déclenché le brasier. En 1972, Taylor avait été condamné à 28 peines concurrentes d'emprisonnement à perpétuité.

Le juge Charles L. Hardy, qui a présidé le procès du jeune homme, avait publiquement exprimé ses doutes quant à la décision du jury de condamner Taylor. Dans une lettre qu'il lui a adressé dans les années 1980, le juge affirmait négocier avec les législateurs de l'Arizona pour tenter de commuer sa peine, mais qu'une telle entente exigerait que Taylor reconnaisse sa culpabilité, ce qu'il a toujours refusé de faire.

Un avocat représentant Taylor a fait savoir que l'homme maintenait son innocence mais acceptait de plaider sans contestation à l'accusation de meurtre pour retrouver au plus vite sa liberté.

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