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Tunisie: grève très suivie dans les centres d'appels de Téléperformance (syndicat)

01/04/2013 01:02 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

Les centres d'appels en Tunisie du géant français Téléperformance tournaient au ralenti lundi, premier jour d'une grève de 72 heures en raison d'un conflit acrimonieux entre la direction et ses employés.

"La grève est suivie à 80%", a déclaré à l'AFP Mongi Ben Mbarek, qui dirige la section poste et télécommunications du principal syndicat du pays, l'Union générale tunisienne du travail.

Réagissant à cette affirmation dans un communiqué, Téléperformance a de son côté souligné que "le taux de suivi (de la grève) à 14H00 était de 53% dans les centres (...) et non 80% comme indiqué par les syndicalistes".

Les grévistes réclament une hausse des salaires, l'annulation des licenciements d'une demi-douzaine d'employés en février dernier et l'application d'une convention de 2010 sur l'évolution des carrières. Une réunion de conciliation a échoué le 29 mars.

La société française souligne pour sa part avoir déjà répondu à une partie de ces revendications en accordant des augmentations de salaires supérieures en 2012 et 2013 à ce qui était prévu dans l'accord signé en 2010.

Téléperformance emploie quelque 5.400 personnes dans ses centres d'appels en Tunisie et assure le service-client de certaines des plus grandes entreprises françaises de télécommunications.

"Je ne sais pas quel impact cela a sur les clients, nous ne voulons pas (les léser) mais nous voulons que nos demandes soient respectées", a indiqué à l'AFP Ali Ouarak, le responsable du syndicat des employés de l'entreprise du centre d'appel de Ben Arous (banlieue de Tunis).

"Nous sommes toujours ouverts à la négociation et on attend que la direction nous appelle. Pour l'instant, il n'y a aucun contact", a-t-il ajouté.

Téléperformance a de son côté assuré que "des contacts ont lieu avec les grévistes, les autorités, la centrale UGTT et la direction de l'entreprise (...) pour aboutir à une solution".

Le groupe français n'a donné aucune indication sur les perturbations enregistrées par ses clients et les usagers en raison de ce conflit social.

Les grèves et mouvements sociaux, certains violents, se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, sur fond de mécontentement face à la hausse des prix et au chômage, plus de deux ans après la révolution de janvier 2011, un soulèvement largement motivé par la misère.

L'instabilité sociale, les crises politiques à répétition et les vagues de violence dans le pays ont paralysé les investissements, si bien que l'économie tunisienne peine à se rétablir.

ms-alf/Bsh/hj

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