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Nucléaire: des experts dubitatifs sur une percée aux négociations Iran/P5+1

01/04/2013 05:34 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

Les chances sont assez minces de progresser sur le dossier nucléaire iranien au cours d'une nouvelle rencontre en fin de semaine entre Téhéran et les grandes puissances, ont prévenu lundi des experts internationaux.

Ces spécialistes réunis lors d'une conférence à Washington, parmi lesquels l'ancien chef de la diplomatie européenne Javier Solana, se sont montrés dubitatifs face à toute avancée avant les élections présidentielles en juin en Iran et tant que se poursuivra la guerre en Syrie.

L'Iran doit retrouver les 5 et 6 avril à Almaty, au Kazakhstan, le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) après une première rencontre dans la même ville fin février.

Téhéran avait dit vendredi compter sur des "avancées" après des "résultats positifs" il y a un mois.

Mais pour M. Solana, qui fut le principal négociateur des grandes puissances entre 2003 et 2009, les dirigeants iraniens sont obnubilés par la présidentielle du mois de juin et "il sera très difficile d'obtenir quelque chose avant".

D'après l'ancien patron de la diplomatie de l'UE, qui s'exprimait devant le centre de recherche Brookings Institution, le chef des négociateurs iraniens, Saïd Jalili, "n'a pas la capacité de négocier".

M. Jalili "n'est qu'un porteur de message", a estimé M. Solana, pour qui le guide suprême d'Iran, l'ayattolah Ali Khamenei, tire véritablement les ficelles du dossier nucléaire iranien.

Gary Samore, qui vient de quitter la Maison Blanche, où il coordonnait le programme de contrôles des armes de destructions massive, trouve aussi "irréaliste d'imaginer une quelconque percée dans ces pourparlers".

"Il y a tout simplement une différence fondamentale entre les parties quant aux objectifs de ces négociations", a-t-il souligné.

Le P5+1 et Israël soupçonnent l'Iran de chercher à mettre au point une bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie farouchement. La République islamique est pour cela sous le coup de sanctions de l'ONU, renforcées par un embargo bancaire et pétrolier de l'Union européenne et des Etats-Unis.

M. Solana ne croit pas non plus que le casse-tête du nucléaire iranien puisse trouver une solution "sans résoudre (le conflit) en Syrie", Téhéran appuyant militairement son voisin syrien confronté à une rébellion.

jkb/nr/are

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