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L'aéroport du Caire va fermer partiellement la nuit à cause de la crise

01/04/2013 07:51 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

L'aéroport du Caire va fermer partiellement la nuit pour économiser l'énergie et tenir compte d'une baisse du trafic, ont annoncé les autorités égyptiennes, une mesure qui constitue un nouveau signe de la grave crise économique que traverse le pays.

A compter du début du mois de juin, deux des trois pistes de l'aéroport international seront "fermées à partir de 01H30 pour quatre heures afin d'économiser de l'énergie", a déclaré le ministre de l'Aviation civile Wael Maadaoui, dans des déclarations rapportées lundi par la presse.

Seule la piste du Terminal 3 de l'aéroport, l'un des plus importants du Moyen-Orient, restera ouverte 24 heures sur 24.

Les revenus de l'aéroport ne sont pas suffisants pour couvrir les dépenses engendrées par son ouverture permanente, selon le ministre.

Le ministère a précisé que cette décision a été prise en raison d'une baisse importante du trafic aérien sur le Caire depuis deux ans, rendant certaines pistes inutilisées, conséquence de la chute du nombre de touristes et d'un ralentissement de l'activité économique.

Cette mesure vise également à économiser de l'énergie à un moment où le pays est affecté par des coupures de courant de plus en plus nombreuses et prolongées, et à des difficultés d'approvisionnement pour certains types de carburants.

"Cette décision pose la question de l'étendue de la pénurie d'énergie dont souffre le pays", estime dans un éditorial le quotidien anglophone The Egyptian Gazette.

"Comment tous les différents services publics, l'industrie, les services domestiques vont-ils gérer une chute importante de la production et de la distribution d'électricité pendant la saison estivale?", période où la consommation électrique est la plus forte, s'interroge le journal.

Ces difficultés sont liées à la chute des réserves en devises du pays, passées de 36 à 13 milliards de dollars en deux ans, et à une augmentation du déficit budgétaire.

Les troubles et l'instabilité politique qui ont suivi le renversement de M. Moubarak début 2011 ont provoqué une chute des revenus du tourisme, l'une des principales activités du pays, et un effondrement des investissements étrangers, autrefois florissants.

Une nouvelle mission du Fonds monétaire international (FMI) est attendue au Caire dans les tout prochains jours pour reprendre les discussions sur un prêt de 4,8 milliards de dollars.

Cette aide peine à se concrétiser en raison des incertitudes politiques en Egypte, et des difficultés du pouvoir du président islamiste Mohamed Morsi à élaborer un plan de réformes, notamment pour diminuer les subventions -en particulier au secteur énergétique- aux conséquences potentiellement impopulaires.

str-cr/tg

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