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Khaled Mechaal, l'homme qui incarne l'évolution du Hamas

01/04/2013 04:03 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

Longtemps considéré comme un radical, Khaled Mechaal, réélu à la tête du Hamas, a évolué vers le consensus, revendiquant l'influence du Printemps arabe, au point de se rallier à l'idée d'un Etat palestinien à côté d'Israël ou de la "résistance populaire".

Début 2012, le chef en exil du Hamas, connu sous le nom d'Abou al-Walid, avait exprimé son intention de céder les rênes du mouvement islamiste, qui a préféré renouveler son mandat dans une période d'incertitudes et de changements régionaux.

Agé de 56 ans, d'abord affable, cet ancien professeur de physique à la chevelure poivre et sel, aux grands yeux noirs et aux airs de George Clooney naît à Silwad, près de Ramallah en Cisjordanie.

Il connaît l'exil avec sa famille après la guerre israélo-arabe de 1967. A l'université du Koweït, Khaled Mechaal découvre l'islamisme et participe en 1987 à la création du Hamas, issu des Frères musulmans.

Il quitte le Koweït en 1990 pour la Jordanie. En 1996, il devient chef du bureau politique du Hamas, après l'arrestation aux Etats-Unis du titulaire du poste, Moussa Abou Marzouk.

Le 25 septembre 1997, une rocambolesque tentative d'assassinat lui vaut d'accéder à la notoriété internationale et de rester en place, malgré la récente libération de M. Abou Marzouk.

Cinq agents israéliens se faisant passer pour des touristes canadiens tentent de le tuer à Amman en lui injectant une substance toxique. Mais deux sont arrêtés et les trois autres se réfugient à l'ambassade d'Israël.

Face à la colère du roi de Jordanie, le gouvernement israélien, à l'époque déjà dirigé par Benjamin Netanyahu, doit présenter des excuses publiques, fournir l'antidote et autoriser la libération et le retour à Gaza du chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine.

Contraint de quitter Amman, le bureau politique du Hamas déménage à Damas en 1999. C'est là que Khaled Mechaal se retrouve en 2004 propulsé à la tête du mouvement après l'assassinat par Israël de cheikh Yassine puis de son successeur Abdelaziz al-Rantissi.

Victorieux aux élections législatives de 2006 mais boycotté par la communauté internationale, le Hamas solde en juin 2007 des mois de conflit larvé avec le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas en prenant le contrôle sans partage de la bande de Gaza.

Brillant orateur, Khaled Mechaal profite de la liberté de mouvement que lui offre l'exil pour parcourir le monde arabo-musulman.

Dépendant du soutien politique et financier de la Syrie et de l'Iran, il apparaît comme un représentant de l'aile dure du mouvement.

Pourtant, le 27 avril 2011, son adjoint Moussa Abou Marzouk, numéro deux du Hamas, signe un accord de réconciliation surprise avec le Fatah. Par la suite, Khaled Mechaal multiplie les déclarations conciliantes, qui font grincer des dents parmi les dirigeants de Gaza.

Il se dit ainsi prêt à "donner une chance" aux négociations avec Israël puis se prononce pour la "résistance populaire pacifique", sans aller jusqu'à renoncer à la lutte armée, après un tête-à-tête avec M. Abbas. "Il n'y a pas d'autre voie que de nous entendre, d'autant plus que (...) les vents du changement soufflent sur la région", déclare-t-il à l'AFP.

Parallèlement, le mouvement prend ses distances avec la Syrie, en raison de la répression de la révolte, et quitte discrètement Damas.

En décembre, Khaled Mechaal, auquel on prête l'ambition de succéder au président Abbas à la tête de l'OLP, effectue sa première visite à Gaza, où il se pose en homme d'Etat plus que de parti.

Devant la foule, il durcit à nouveau le ton --campagne électorale interne oblige ?-- en appelant à "libérer toute la Palestine", incluant Israël, mais insiste sur la réconciliation entre Palestiniens.

Joignant les actes à la parole, il met son poids dans la balance pour apporter la caution du Hamas à la demande de Mahmoud Abbas d'un statut d'Etat observateur à l'ONU pour la Palestine, voté le 29 novembre par l'Assemblée générale.

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