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Desjardins met en doute la stratégie de redressement adoptée par Rona

01/04/2013 03:40 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Un analyste financier de Valeurs mobilières Desjardins n'est pas convaincu que l'élément central de la stratégie de redressement adoptée par Rona (TSX:RON) portera ses fruits.

Dans le but d'améliorer ses résultats, qui périclitent depuis plusieurs années, le détaillant québécois spécialisé dans les produits de construction et de jardinage a commencé à fermer des magasins à grande surface au Canada anglais pour les remplacer par des magasins dits «de proximité».

Dans une note publiée la semaine dernière, Keith Howlett se demande toutefois si les habitants des grandes villes canadiennes sont prêts à délaisser les magasins à grande surface et les petits magasins de quartier au profit de magasins de proximité de superficie moyenne.

M. Howlett a récemment visité deux des premiers magasins de proximité de Rona: l'un à Edmonton et l'autre à Toronto. Il a constaté que celui de Toronto se trouve non loin de grands magasins Home Depot et Lowe's ainsi que de 10 magasins de quartier Home Hardware.

L'analyste rappelle que les magasins de proximité dominaient le marché de la rénovation avant l'arrivée massive des magasins à grande surface, dans les années 1990. Selon ses recherches, la chaîne californienne Orchard Supply, une ancienne filiale de Sears, est la seule actuellement à miser sur ce modèle des magasins de proximité en Amérique du Nord.

Pour l'instant, Rona ne prévoit fermer que 10 de ses 30 magasins à grande surface au Canada anglais. L'entreprise songe toutefois à fermer la totalité de ces établissements si leur situation ne s'améliore pas rapidement. Cette décision retrancherait environ 750 millions $ à son chiffre d'affaires annuel. Rona se rabattrait alors sur l'ouverture de magasins de proximité pour remplacer une bonne partie de ces ventes.

Or, si les magasins de proximité devaient ne pas connaître le succès escompté, le volume des activités de distribution de Rona pourrait reculer de 16 à 17 pour cent, calcule Keith Howlett. À ses yeux, il serait «difficile» pour l'entreprise de réduire la taille de son réseau de distribution pour s'adapter à cette nouvelle réalité.

Des millions pour le départ de M. Dutton

Par ailleurs, Rona a versé l'an dernier l'équivalent de plus de 4,5 millions $ en prime de départ à son ex-chef de la direction Robert Dutton, pour une rémunération qui a totalisé près de 6,9 millions $ en 2012.

Le programme de départ de M. Dutton comprenait 1,8 million $ en espèces, représentant deux ans de salaire de base, et l'acquisition de plus de 224 000 options obtenues depuis 2009, d'après les documents réglementaires déposés en vue de son assemblée annuelle de mai.

Robert Dutton a reçu 75 000 $ par mois pour son travail de consultant pendant la période de trois mois de transition à la suite de sa démission, en novembre.

M. Dutton, qui a été employé de Rona pendant 35 ans, a aussi reçu 793 141 $ en salaire de base en 2012, 845 138 $ en récompenses en actions, 281 513 $ en options et une pension d'une valeur de 304 000 $.

La rémunération de M. Dutton avait totalisé 2 millions $ en 2011.

L'action de Rona a perdu lundi 23 cents pour clôturer à 10,95 $ à la Bourse de Toronto.

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