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Un manque de respect dans les services correctionnels du Canada

31/03/2013 02:16 EDT | Actualisé 31/05/2013 05:12 EDT
PA
File photo dated 07/11/03 of a prison cell, as private firms are better at running prisons than the public sector and all jails should be subject to open competition, an independent think tank said today.

TORONTO - Les gardiens de prison au Canada sont laissés à eux-mêmes en ce qui a trait au traitement des détenus basé sur le respect de l'être humain, conclut un document interne dont La Presse Canadienne a obtenu copie.

L'évaluation en matière de «climat éthique» que Service correctionnel du Canada (SCC) a mené auprès de son personnel comprenait notamment une question sur le «traitement des détenus avec le respect dû aux êtres humains».

Or, les réponses données à cette question par les 2200 employés ayant participé au sondage ont été mises de côté dans le rapport final, et ce en raison d'un «manque d'unanimité».

Les membres du SCC n'auraient pas la même compréhension et les mêmes attentes quant au respect des prisonniers, indique-t-on dans le rapport. Les valeurs entourant le respect des détenus n'auraient pas été encouragées au sein du SCC de la même façon que l'ont été celles à l'égard de l'organisation et des confrères de travail, «laissant cela à la discrétion de chacun», mentionne-t-on également dans le document.

On y soutient aussi qu'en l'absence de formation appropriée pour les employés, ceux-ci n'ont d'autres choix que de se baser sur leurs croyances les plus profondément ancrées en eux pour façonner leur approche quant au traitement à réserver aux prisonniers.

Plusieurs participants au sondage ont également relevé que des employés abusaient de leur pouvoir, souligne-t-on dans le rapport. Un tel problème pourrait être solutionné avec des ateliers sur les problèmes d'éthique et de valeurs, mentionne-t-on également.

Ces conclusions offrent une lecture possible de l'état d'esprit qui règne dans les centres correctionnels du pays, alors que l'enquête d'un corner sur la mort de la jeune Ashley Smith, en 2007, avait démontré comment le traitement réservé à l'adolescente avait été le fait de décisions individuelles et de procédures administratives. La jeune fille s'était elle-même étouffée, jusqu'au moment où elle en meurt, dans sa cellule d'isolement de l'établissement de Grand Valley à Kitchener, en Ontario. Les gardiens, qui avaient reçu l'ordre de ne pas intervenir, étaient restés impassibles, la regardant faire.

Une porte-parole du SCC a indiqué que l'organisation examinait les conclusions de ce rapport.

«Le Service correctionnel du Canada continue de travailler à l'application de ses valeurs dans les milieux de travail et à leur intégration dans les pratiques et les procédures, de même qu'au soutien et au renforcement d'une culture d'éthique dans ces milieux de travail», a écrit Sara Parkes par courriel.

Environ 12 pour cent des employés du SCC ont répondu au questionnaire, avec une marge d'erreur de cinq points de pourcentage, 19 fois sur 20.

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