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Le promoteur musical AEG devant la justice pour la mort de Michael Jackson

31/03/2013 08:17 EDT | Actualisé 31/05/2013 05:12 EDT

La mère et les enfants de Michael Jackson réclament des milliards de dollars au promoteur de concerts AEG, qu'ils accusent de négligence dans l'accompagnement médical du "Roi de la pop" peu avant sa mort en 2009, et dont le procès débute mardi à Los Angeles.

Katherine Jackson, 82 ans, estime qu'AEG, producteur de la série de 50 concerts que devait donner Michael Jackson à Londres à l'été 2009, a fait preuve de négligence en embauchant Conrad Murray pour veiller à la santé de l'artiste, décédé le 25 juin 2009 à l'âge de 50 ans dans sa maison de Los Angeles.

Le docteur Conrad Murray a été condamné en 2011 à quatre ans de prison pour homicide involontaire, pour avoir traité les insomnies du chanteur avec du propofol, le puissant anesthésiant qui a provoqué sa mort par surdose.

Le procès d'AEG débutera mardi avec la sélection du jury. Il devrait durer environ deux mois et Conrad Murray pourrait être appelé à la barre. Selon les observateurs, l'ex-docteur, qui purge sa peine de prison près de Los Angeles, devrait néanmoins refuser de témoigner, comme la loi l'y autorise.

En revanche, Katherine Jackson et les deux enfants aînés de Michael Jackson --Prince, 16 ans, et Paris, 14 ans-- devraient venir témoigner.

Au moment de sa mort, Michael Jackson mettait la dernière main à ses concerts londoniens, qui devaient marquer son grand retour sur scène et lui permettre de renflouer ses caisses, vidées par des années de dépenses somptuaires.

Katherine Jackson affirme qu'AEG a exercé trop de pression sur son fils, contribuant à ruiner sa santé physique et mentale.

AEG rétorque que le chanteur de "Thriller" n'avait pas attendu les répétitions de ses concerts londoniens pour abuser des médicaments, et notamment du propofol, qu'il utilisait régulièrement comme somnifère. Le groupe assure en outre qu'il n'était pas responsable de l'embauche de Conrad Murray.

Pendant la longue procédure judiciaire qui a précédé le procès, les avocats des deux parties ont longuement débattu sur la teneur des témoignages à venir.

La juge Yvette Palazuelos a tranché. Elle a notamment autorisé AEG à évoquer les poursuites pour pédophilie dont Michael Jackson avait fait l'objet --avant d'être blanchi en 2005--, considérant qu'elles pouvaient expliquer le stress de l'artiste et sa situation médicale.

Selon le site TMZ.com, Katherine Jackson et les enfants du "roi de la pop" réclament pas moins de 40 milliards de dollars à AEG, en dédommagement des revenus qu'aurait pu engranger leur fils et père s'il était encore vivant.

AEG a qualifié un tel montant d'"absurde", rappelant que la carrière du chanteur était sur le déclin, notamment à cause de ses démêlés avec la justice et de son exil volontaire au Moyen-Orient.

De leur côté, les chaînes de télévisions CNN et NBC ont réclamé à la juge Palazuelos l'autorisation de retransmettre le procès en direct, à l'instar de ce qui avait été fait lors du procès de Conrad Murray.

Leurs avocats reviendront à la charge mardi, après une première réponse négative de la juge le 7 mars dernier.

"Michael Jackson était incontestablement l'un des plus célèbres chanteurs de l'histoire. Sa mort brutale a bouleversé le monde, et suscité un immense intérêt de public, cherchant à comprendre ce qui a pu provoquer sa mort", écrivent-ils dans des documents judiciaires.

"Sans caméras, les compte-rendus de seconde main et les opinions vont régner en maître. Avec des caméras, le public pourra voir par lui-même ce qui ressort des débats", estiment-ils.

rr/mdm

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