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Le dernier roman de Louis-Bernard Robitaille est bien accueilli en France

31/03/2013 05:17 EDT | Actualisé 31/05/2013 05:12 EDT

PARIS - C’est le Canard enchaîné qui l'écrit: Dernier Voyage à Buenos Aires, de Louis-Bernard Robitaille, est un «livre envoûtant», un «roman de couleurs où le noir finit par l’emporter».

Ce roman est le cinquième de Robitaille — après La République de Monte Carlo, Maisonneuve, Le Zoo de Berlin et Long Beach —, écrivain, essayiste et surtout correspondant de La Presse à Paris depuis 40 ans. Il y raconte le Paris du milieu des années 1960, avec ses bistrots, ses chambres d’hôtel modestes, ses fêtes, ses errances, ses amours, sa bohème. Cette plongée dans un Paris disparu a séduit l’influent Canard enchaîné.

«La force de ce livre envoûtant, écrit l’hebdomadaire satirique, c’est cette atmosphère aérienne et précise qui enveloppe, telle une trainée d’encens, tout le quotidien, tous les lieux, tous les gestes de cette période très Nouvelle vague.»

Louis-Bernard Robitaille reconnaît que son roman flirte allègrement avec certains clichés: «J’ai les deux pieds dans le cliché et c’est complètement assumé». Il l’assume d’autant plus qu’il a connu, lui, ce Paris-là et qu’il a parsemé son récit de souvenirs personnels et de personnages réels.

«Au départ, explique l’écrivain, je voulais écrire une monographie, une sorte d’éducation sentimentale à Paris, qui aurait été relativement autobiographique. Mais le projet est resté en plan pendant cinq ans. J’hésitais à m’encombrer de l’autobiographie, avec la difficulté qui se pose de distinguer le vrai du vraisemblable. On ne croit pas toujours ce qui est vrai.»

Dernier Voyage à Buenos Aires n’est donc pas autobiographique mais il est clairement nourri de souvenirs, de faits vécus et de choses vues. Encore adolescent (il avait 17 ans), Robitaille a découvert au milieu des années 1960 les quartiers qu’il revisite aujourd’hui, pour signer son roman le plus abouti, un véritable roman américain, genre à part entière depuis Miller ou Hemingway.

Ici aussi, comme il se doit, le héros est américain. Fils de bonne famille, Jefferson Woodbridge est venu à Paris avec l’espoir de devenir lui aussi un écrivain célèbre. Trente ans plus tard, il n’est qu’un «obscur tâcheron du monde l’édition» lorsque son médecin lui apprend qu’il va perdre la vue. Il décide d’aller mettre fin à ses jours en Argentine, à la faveur d’un ultime voyage à Buenos Aires, dans une sorte de clin d’œil à Borges. Mais il est hanté par le souvenir de la première femme qu’il a aimé, une Allemande blonde du nom de Magdalena, qui lui dévoila un lourd secret.

Ce Dernier Voyage à Buenos Aires est aussi le premier roman publié par Notabilia, la collection créée par la Québécoise Brigitte Bouchard au sein de la maison d’édition française Noir sur blanc. Brigitte Bouchard est connue et respectée dans les milieux littéraires parisiens pour avoir créé les Allusifs, repris ensuite par Leméac et qui ont déclaré faillite l'automne dernier.

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