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Marzouki: affranchir 2 millions de Tunisiens de la pauvreté en 5 ans

30/03/2013 06:30 EDT | Actualisé 30/05/2013 05:12 EDT

La Tunisie doit mettre en place un nouveau modèle de développement pour sortir de la pauvreté deux millions de Tunisiens en cinq ans, sous peine d'un retour de la dictature, a affirmé le président Moncef Marzouki, en écho au Forum social mondial (FSM) qui s'achève samedi.

"L'objectif est d'affranchir de la pauvreté deux millions de Tunisiens au cours des cinq prochaines années", a déclaré M. Marzouki en inaugurant un colloque en marge du FSM, réunion altermondialiste annuelle organisée depuis mardi à Tunis.

Le président a plaidé pour "une nouvelle approche en rupture avec l'ancien modèle de développement", estimant que les libertés acquises par les Tunisiens n'auraient "pas de valeur" sans la satisfaction de leurs droits économiques et sociaux.

"La Tunisie se doit de mettre au point un nouveau modèle de démocratie, du moins d'améliorer le système existant en cherchant de nouvelles voies pour combattre la pauvreté, qui constitue l'ennemi principal contre lequel s'est soulevé le peuple", a-t-il insisté.

Plus de deux après le soulèvement qui a renversé le régime de l'ex-président Ben Ali, la Tunisie reste confrontée à des conflits sociaux parfois sanglants.

Dans ce pays de plus de dix millions d'habitants, la pauvreté est exacerbée par un renchérissement du coût de la vie dans un contexte de crise, et le chômage reste très élevé dans les régions déshéritées.

"Dans un contexte de pauvreté et de marginalisation, les valeurs de libertés et de démocratie peuvent ramener la dictature", a prévenu M. Marzouki.

"Croire que l'économie de marché, libérale ou néo-libérale, est à même d'affranchir les Tunisiens de la pauvreté, dès le départ, est une idée fausse et périmée", a-t-il estimé, en prônant un "partenariat vital, réel, pragmatique et honnête" entre l'Etat et une société civile affranchie.

Moncef Marzouki, défenseur des droits de l'Homme dont le parti (Congrès pour la République) est l'un des deux alliés laïques d'Ennahda au pouvoir, est critiqué par l'opposition qui l'accuse de se soumettre à la volonté des islamistes.

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