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Kenya: la victoire d'Uhuru Kenyatta aux élections confirmée par la Cour suprême

30/03/2013 11:03 EDT | Actualisé 30/05/2013 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - La Cour suprême du Kenya a confirmé samedi l'élection d'Uhuru Kenyatta à la tête du pays, mettant fin à une saga électorale ayant fait craindre le retour des violences qui avaient marqué le précédent scrutin en 2007.

Après l'annonce du verdict, des partisans de M. Kenyatta ont envahi les rues du centre-ville de Nairobi, la capitale kenyane, pour manifester bruyamment leur joie.

Les fidèles du candidat défait, le premier ministre Rail Odinga, ont quant à eux manifesté leur colère et leur déception à l'extérieur du tribunal, obligeant les forces de l'ordre à utiliser du gaz lacrymogène pour les disperser.

Des partisans de M. Odinga ont également semé la pagaille dans certains bidonvilles de Nairobi, où plusieurs contingents de policiers ont été dépêchés afin de ramener le calme.

Rail Odinga, qui avait remis en question la légitimité de la victoire de son adversaire, a plus tard lancé un appel à la paix et à l'unité nationales, disant que le Kenya était promis à un brillant avenir et qu'il ne devait pas laisser des élections le diviser.

Il a toutefois déploré que la Cour suprême ait rejeté certaines des preuves que ses avocats avaient soumis, ce qui signifiait selon lui que les Kenyans ne sauraient jamais ce qui s'était réellement passé leur du recomptage des votes.

En vertu du verdict rendu samedi, Uhuru Kenyatta, le fils du premier président du Kenya, sera assermenté le 9 avril. Il deviendra le second président kenyan en exercice à faire l'objet d'accusations devant la Cour pénale internationale.

Le nouveau président et son vice-président, William Ruto, sont accusés d'avoir contribué à orchestrer les affrontements ayant causé la mort de plus de 1000 personnes en 2007 et 2008 dans la foulée des élections présidentielles. Ils ont tous les deux démenti les accusations.

Le procès de M. Ruto aura lieu en mai alors que celui de M. Kenyatta se déroulera en juillet. Ce dernier a promis de se présenter à La Haye.

Les avocats de M. Odinga, qui a terminé deuxième, ont soutenu devant la Cour suprême que les élections avaient donné lieu à des irrégularités et que M. Kenyatta n'avait pas récolté suffisamment de votes pour gagner.

Selon les résultats officiels, le vainqueur l'a emporté avec 50,07, évitant de justesse la tenue d'un second tour contre Rail Odinga, qui avait déclaré que sa poursuite devant les tribunaux mettrait la démocratie du Kenya à l'épreuve.

Mais le jugement unanime de la Cour suprême, lu par le juge en chef Willy Mutunga, indique que les élections ont été «menées conformément à la constitution et à la loi» et que l'élection d'Uhuru Kenyatta et de William Ruto est légale.

«C'est la décision du tribunal que (MM. Kenyatta et Ruto) ont été légitimement élus», dit le verdict.

Les magistrats n'ont pas précisé leurs raisons. Le juge en chef a révélé qu'un jugement détaillé serait disponible d'ici deux semaines.

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