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Chypre: enquête sur des soupçons de prêts non remboursés par des politiciens

30/03/2013 08:31 EDT | Actualisé 30/05/2013 05:12 EDT

Les autorités chypriotes se sont engagées samedi à enquêter sur l'effacement présumé de dettes contractées par des personnalités politiques de l'île, après la publication dans la presse d'une liste de prêts octroyés à ces personnalités, qui n'ont pas été remboursés.

Selon la presse grecque, Bank of Cyprus, Laïki et Hellenic Bank ont effacé des millions d'euros de dettes ces cinq dernières années au bénéfice de députés, de proches ou de sociétés liées à des personnalités politiques.

Le sujet doit être débattu par les députés la semaine prochaine.

"En réaction à des informations de presse au sujet d'effacements de dettes par des banques au bénéfice d'hommes politiques, le gouvernement réaffirme sa volonté d'enquêter pleinement sur tous les aspects de la crise dans le secteur bancaire", a fait savoir Christos Stylianides, porte-parole du gouvernement.

Il a assuré que l'enquête couvrirait aussi "l'octroi, l'effacement ou la réduction de prêts (...) ou d'autres services fournis par les banques de la République à la fois à Chypre et à l'étranger".

Bank of Cyprus et Laïki, très exposés à la dette grecque, avaient dû demander l'aide de l'Etat pour une recapitalisation, obligeant Nicosie à réclamer un plan de sauvetage européen finalement obtenu au prix de la liquidation de Laïki et d'une restructuration drastique de Bank of Cyprus.

Le gouvernement chypriote a mis en place jeudi une commission d'enquête chargée de déterminer les responsabilités de la déroute financière.

"Il est dans le mandat de cette commission d'enquête d'examiner l'effacement des prêts", a déclaré le ministre de la Justice Ionas Nicolaou à la presse, ajoutant que cette commission formée de trois juges chypriotes serait intronisée par le président mardi, avec un délai de trois mois pour mener à bien sa tâche.

Selon le député Marios Mavrides (Disy), cette commission doit se pencher sur les prêts controversés, et le sujet devrait être abordé la semaine prochaine au Parlement, tout comme la liste des gens ayant transféré des fonds hors de Chypre ces deux derniers mois.

Des Chypriotes cités dans cette liste ont démenti tout favoritisme ou délit.

Un député du parti au pouvoir Disy, Prodromos Prodroumou, a assuré dans un communiqué que les accusations étaient "fausses" et qu'il allait porter plainte pour diffamation.

La député Athena Kyriakidou du Diko, parti de centre-droit allié au Disy, a pour sa part assuré que son frère et son ex-mari, mentionnés dans la liste, n'avaient pas reçu de prêts "préférentiels".

L'ancien maire de Larnaca Andreas Moyseos, a assuré que son prêt n'avait pas été effacé et a dénoncé un "complot".

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