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Le président Anastasiades assure que Chypre restera dans l'euro

29/03/2013 06:57 EDT | Actualisé 29/05/2013 05:12 EDT

Chypre ne quittera pas la zone euro après le plan de sauvetage international, destiné à éviter la faillite au prix d'une restructuration drastique de son système bancaire, a assuré vendredi le président chypriote Nicos Anastasiades, selon l'agence CNA.

"Nous n'allons pas quitter l'euro, et j'insiste sur cela", a déclaré M. Anastasiades lors de la conférence annuelle d'un syndicat de fonctionnaires à Nicosie.

"Je répète, nous n'allons pas nous engager dans des expériences risquées qui mettraient en danger l'avenir de notre pays", a-t-il insisté.

Lors de la même conférence, le président du Parlement, le socialiste Yiannakis Omirou, a rejeté le plan de sauvetage obtenu à Bruxelles, estimant que les contreparties exigées à ce prêt de 10 milliards d'euros détruiraient l'économie et qu'il fallait étudier une autre option, selon CNA.

Chypre est membre de l'Union européenne depuis 20O4 et de la zone euro depuis 2008.

Avec l'accord conclu à Bruxelles, "nous avons garanti le sauvetage de notre économie et pris nos distances avec un effondrement de l'économie", a cependant assuré M. Anastasiades. "Malgré le caractère tragique de la situation, elle est sous contrôle, et nous avons désormais la main pour la gérer".

M. Anastasiades, président conservateur qui a pris ses fonctions il y a un mois, a rejeté les critiques contre l'accord conclu lundi à l'aube à Bruxelles avec les bailleurs de fonds internationaux en poursuivant son offensive contre son prédécesseur, le communiste Demetris Christofias.

Le gouvernement de M. Christofias, qui avait demandé un plan de sauvetage mais laissé les négociations s'éterniser, a "hypothéqué l'avenir du pays" et autorisé la Laïki, deuxième banque du pays avec environ 9,2 milliards d'euros de dépôts, à siphonner 11 milliards d'euros, a dénoncé le président.

Evoquant la création jeudi d'une commission d'enquête chargée de déterminer les responsabilités, éventuellement pénales, dans la déroute financière du pays, M. Anastasiades a martelé: "Ceux qui sont responsables de ce qui s'est passé devront rendre des comptes".

Le président chypriote s'en est aussi pris à la philosophie des bailleurs de fonds qui ont limité le plan de sauvetage à 10 milliards d'euros: "Personne ne peut ignorer à quel point nos partenaires ont été insensibles".

"Je m'interroge honnêtement sur le sérieux de la position de ces autorités qui ont autorisé le financement d'une banque en faillite pour le montant le plus élevé possible, mais pas d'un Etat pour 11 milliards", a-t-il insisté.

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, qui achevait une visite à Chypre, a lui aussi mis en cause les autorités européennes et le précédent gouvernement.

"La question pour moi est de savoir pourquoi on a permis à la situation de se prolonger si longtemps. Pour ensuite s'en décharger sur un président élu quelques jours plus tôt", a écrit M. Bildt sur son compte Twitter.

M. Anastasiades a demandé à ses concitoyens de ne pas le juger trop vite, en rappelant qu'il s'était retrouvé il y a seulement 29 jours "chargé de gérer une situation hors de contrôle".

Son mandat s'annonce cependant délicat dans la mesure où son parti Disy (droite) détient seulement 20 des 56 sièges du Parlement. Son allié Diko (centre-droit) compte 8 députés, dont plusieurs ne le soutiennent plus, les communistes d'Akel 19 et les socialistes d'Edek 5.

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