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La fin d'une séquence

29/03/2013 03:20 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

Quand Pierre Groulx a informé Carey Price que Peter Budaj disputerait la troisième période contre les Bruins, Price a vécu ce que Pekka Rinne, Henrik Lundqvist et tous les grands gardiens ont déjà vécu. Mais il y avait une mèche que sa soirée de travail n'avait pas pris fin en même temps que le match.

« Ça faisait combien de temps que je n'avais pas été retiré », a demandé Price, au cours d'un entretien informel, après l'entraînement de vendredi.

« Deux ans », a répondu un journaliste.

« Ça devait finir par arriver! »

En fait, Price n'avait pas été retiré d'un match depuis le 24 mars 2011, justement à Boston. Sa séquence s'est donc étirée sur deux ans et trois jours, mais le lock-out lui a évidemment « acheté » trois mois. Mais on parle tout de même d'une série de 96 matchs (103 si on calcule la série de premier tour face aux Bruins en 2011).

« Ça fait partie du hockey, a-t-il rappelé. J'ai déjà été retiré d'un match avant. La meilleure chose à faire était de rester positif, car on n'avait pas encore perdu le match. »

C'était visiblement la chose à faire puisque le CH a comblé un retard de deux buts pour défaire les Bruins en fusillade.

L'importance des départs

Cette séquence ne signifie pas pour autant que Price n'a pas connu de sorties pénibles. Mais ses débuts de match sont souvent irréprochables.

« Quand ton gardien n'est pas sharp en partant, tu peux commencer à te poser des questions, a rappelé l'entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien. Mais c'est une des forces de Carey, il est bien préparé et bien concentré. »

Cette saison, le Tricolore n'a accordé que 14 buts en première période, soit le plus faible total de la Ligue nationale. L'an passé, malgré une saison de misère, le CH venait au 8e rang du circuit avec 60 buts accordés avant la première sirène.

Pour Travis Moen, cette étanchéité défensive de l'équipe trouve son origine dans la préparation de Price.

« Il est assez tranquille, il fait ses étirements. Mais c'est un des gardiens les plus concentrés que j'ai connus. Ça explique pourquoi il connaît autant de succès », juge Moen.

Les facteurs de décision

Comme bien des entraîneurs, Therrien avoue essayer le plus souvent de sortir le crochet pendant un entracte. On devine qu'il y a là un désir d'éviter au gardien partant l'humiliant trajet vers le banc, tout en permettant au remplaçant de se préparer adéquatement.

Mais l'allure du match influence également la décision de l'entraîneur.

Prenez cette saison. À deux reprises, on aurait cru que c'en était fait de Price. Le 9 février, les Maple Leafs de Toronto menaient 3-0 tôt en deuxième période, et 4-0 après 40 minutes. Mais Price a terminé la rencontre, un cinglant revers de 6-0.

Le 2 mars, lors d'un autre match du samedi soir à Montréal, le CH s'est retrouvé en déficit de 4-2 après que les Penguins eurent marqué trois fois en 5 min 7 s en milieu de rencontre. Là aussi, Budaj est resté bien assis au banc et les Montréalais ont remonté la pente pour s'incliner 7-6 en prolongation.

« Contre Toronto, je ne voulais pas le retirer, car je souhaitais qu'on passe à travers cette épreuve ensemble, a expliqué Therrien. C'était le début de la saison, il fallait qu'on sente ce que c'était. Contre Pittsburgh, j'ai pensé à le retirer en deuxième, mais comme on est revenus dans le match, ce n'était plus le temps. »

Price a déjà été confirmé comme gardien partant pour le duel de samedi face aux Rangers. Ce sera l'occasion pour lui d'amorcer une nouvelle séquence. Mais quand on remarque qu'un ancien finaliste au trophée Vézina comme Rinne a déjà été rappelé au banc trois fois cette saison, il serait surprenant de revoir une telle séquence.

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