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Environ 200 manifestants participent à une vigile contre la brutalité policière

29/03/2013 05:25 EDT | Actualisé 29/05/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Environ 200 personnes se sont rassemblées sur la Place des Festivals, vendredi soir à Montréal, pour participer à une vigile contre la brutalité policière. Cette vigile devait avoir lieu de 20 heures à 21 heures, pour ensuite se transformer en cortège.

S'exprimant sur le réseau social Twitter, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a annoncé un peu après 21 heures que la manifestation était légale puisqu'un itinéraire avait été fourni, et qu'elle le resterait tant et aussi longtemps que les participants respecteraient l'itinéraire convenu.

Selon le tracé fourni aux policiers, les manifestants devaient emprunter la rue Sainte-Catherine vers l'est, puis le boulevard Saint-Laurent vers le nord, l'avenue Mont-Royal vers l'est, la rue Saint-Denis vers le sud et enfin la rue Sainte-Catherine de nouveau vers l'est, pour terminer leur marche à la place Émilie-Gamelin.

Après la vigile, les participants ont commencé à se déplacer et après avoir franchi quelques mètres à peine, ils ont effectué un sit-in dans la rue, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.

Le dispositif policier semblait relativement peu important au début de l'événement; plusieurs policiers à cheval ont brièvement défilé sur l'avenue traversant la Place des Festivals, sans reparaître par la suite. Quelques agents circulaient également à vélo dans les environs.

Plusieurs manifestants portaient le désormais traditionnel carré de feutre rouge, en écho aux diverses manifestations tenues l'an dernier contre la hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement Charest. D'autres brandissaient des pancartes et des banderoles. Nombreux étaient ceux qui avaient apporté une bougie.

Selon Luc, l'un des protestataires présents sur place, l'événement s'inscrit dans le cadre de la cause étudiante. Quant à l'itinéraire qui aurait été fourni aux autorités, celui-ci était loin de faire l'unanimité, assure-t-il.

Ce manifestant trace par ailleurs un lien entre le règlement municipal P-6, qui oblige les protestataires à fournir un itinéraire sous peine d'être arrêtés et de se voir remettre un constat d'infraction de 637 $, et la loi 78 tant décriée à l'époque du gouvernement libéral, qui rendait illégal, entre autres, tout attroupement de plus de 50 personnes n'ayant pas fourni d'itinéraire à la police.

Selon Luc, l'obligation de fournir un itinéraire contrevient à la nature même des manifestations, qui se veulent «démocratiques», et qui ne possèderaient donc pas de structure décisionnelle officielle, selon lui.

Pour les manifestants, il s'agissait également d'une occasion d'envoyer un message à la première ministre Pauline Marois, dont le gouvernement a récemment suggéré aux manifestants de se plier au règlement municipal controversé.

«Le Parti québécois a cette habitude de donner l'impression d'être à gauche dans l'opposition, puis de se positionner au centre-droit une fois au pouvoir», a lâché Luc, qui dit regretter d'avoir stratégiquement voté pour cette formation aux dernières élections, «surtout pour battre [Jean] Charest».

Un peu de fiel était également dirigé vers l'hôtel de ville de Montréal et l'administration Applebaum. Les manifestants interrogés semblaient cependant surtout en vouloir à Pauline Marois et à ses troupes, accusées d'avoir fait volte-face dans leur appui à la cause populaire.

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