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Téléphones intelligents: BlackBerry n'a pas dit son dernier mot

28/03/2013 10:36 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT
AP
People use their Blackberries as they wait for the Blackberry BB10 launch in Toronto on Wednesday, Jan. 30, 2013. (AP Photo/The Canadian Press, Nathan Denette)

Le fabricant canadien du smartphone BlackBerry, en difficulté ces derniers temps, a surpris les analystes jeudi en renouant avec les bénéfices au quatrième trimestre, marqué par le lancement de sa nouvelle plateforme d'exploitation BB10 avec laquelle il joue sa survie.

BlackBerry, qui a été dépassé par l'iPhone d'Apple et les appareils utilisant le logiciel Android de Google, s'est enfoncé dans le rouge en 2012, avec une perte de 646 millions de dollars américains, en raison notamment d'une restructuration qui a entraîné 5.000 licenciements.

En excluant les éléments exceptionnels, la perte par action pour l'exercice terminé le 2 mars est ressortie à 60 cents, deux fois moindre qu'attendu. Le chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année a chuté de 40% à 11 milliards de dollars, un niveau conforme aux attentes.

L'entreprise a réalisé un bénéfice net de 98 millions de dollars au quatrième trimestre, malgré un recul de son chiffre d'affaires, du nombre de ses abonnés et de ses livraisons de téléphones.

Hors exceptionnels, le bénéfice par action est ressorti à 22 cents, alors que les analystes s'attendaient à une perte de 29 cents.

Ce retournement s'explique par l'amélioration de la marge bénéficiaire de l'entreprise, qui a dépassé 40% au quatrième trimestre, contre 30% au trimestre précédent, grâce à la réduction de ses coûts et un prix de vente moyen de ses appareils plus élevé.

Se félicitant de ces résultats, le PDG Thorsten Heins a annoncé que le groupe allait augmenter de 50% ses dépenses de marketing au premier trimestre pour promouvoir ses nouveaux appareils de génération BB10.

Les résultats du quatrième trimestre ne tenaient compte que d'environ un mois de ventes dans une vingtaine de pays du premier de ces appareils, le Z10 à clavier tactile, qui n'est offert que depuis la semaine dernière aux Etats-Unis.

"Nous avons construit une machine qui est capable d'offrir de meilleurs résultats financiers avec des volumes moindres, ce qui nous permettra d'obtenir des bénéfices additionnels avec des volumes plus grands à l'avenir", a ajouté M. Heins.

BlackBerry a reçu des commandes pour 7,9 millions d'appareils pendant le trimestre, mais n'en a livré qu'environ 6 millions, alors que les analystes tablaient sur 7,1 millions. La société a livré un million de Z10, conformément aux attentes. "La demande est actuellement plus forte que l'offre", a dit le PDG, en promettant un rééquilibrage de la production au premier trimestre.

Le groupe prévoit de lancer "plusieurs" autres appareils BB10 de moyenne gamme et à plus petits prix dès l'automne, a-t-il précisé.

Le chiffre d'affaires trimestriel a atteint près de 2,7 milliards de dollars, un peu moins qu'attendu.

Le nombre d'abonnés, qui avait commencé à diminuer au trimestre précédent pour la première fois dans l'histoire de l'entreprise, a encore baissé, à 76 millions, contre 79 millions précédemment.

M. Heins s'attend néanmoins à ce que l'entreprise soit presque rentable au premier trimestre, alors que les analystes prévoyaient jusqu'ici une perte de 13 cents par action. Il n'a pas fixé d'autres objectifs pour l'année.

BlackBerry compte sur le Z10, ainsi que sur le Q10 à clavier classique, dont le lancement est prévu en avril, pour contrer l'érosion de ses parts de marché et la défection de ses abonnés. "Des données récentes montrent que 55% des utilisateurs du Z10 dans le monde viennent d'autres plateformes que le BlackBerry", s'est réjoui le PDG.

Ces résultats sont "nettement meilleurs que prévu", a estimé l'analyste Peter Misek, de Jefferies.

"BlackBerry est ici pour rester" mais "la question fondamentale est de savoir si l'entreprise peut conserver son élan dans un monde de plus en plus dominé par Apple et Google", a noté Shaw Wu, de Sterne Agee.

jl/via/sam