Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé jeudi la création d'une brigade militaire offensive pour combattre les rebelles de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une initiative sans précédent pour les Nations unies.

Jamais auparavant une mission de maintien de la paix de l'ONU n'a obtenu un tel mandat à caractère offensif. De plus, l'intervention des Casques bleus sera pour la première fois couplée à l'utilisation de drones.

Intégrée à la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et aidée de l'armée congolaise, la brigade sera chargée de neutraliser et désarmer les groupes d'insurgés ainsi que de rétablir la paix dans l'est du pays.

Cette nouvelle force d'intervention devrait compter plus de 2500 militaires pour une période initiale d'un an.

La résolution, préparée par Paris, a été adoptée à l'unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité.

« Imposition de la paix »

Bien que sa principale mission fut jusqu'à présent la protection des civils, la MONUSCO a été critiquée pour n'avoir pas empêché la progression des insurgés du M23, l'un des principaux groupes rebelles, et les violences qui l'accompagnent. Le M23 a pris le contrôle de Goma, la capitale, en novembre dernier avant de se retirer.

Depuis plusieurs mois, Kinshasa demandait que la mission soit renforcée. Certains pays y étaient réticents, mais selon des sources diplomatiques, l'examen de la résolution aurait été accéléré de manière à ce qu'elle soit adoptée avant le 1er avril. À partir de cette date, le Rwanda, soupçonné de complicité vis-à-vis des rebelles, occupera la présidence tournante au Conseil de sécurité.

Malgré l'adoption de la résolution, les États-Unis disent douter de la capacité de la brigade renforcée à chasser les groupes rebelles.

L'ambassadeur du Guatemala aux Nations unies, Gert Rosenthal, se dit quant à lui préoccupé que l'ONU prenne le risque de compromettre sa neutralité en organisant une « imposition de la paix ».