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Le FMI juge "difficile" d'appliquer le plan chypriote ailleurs en Europe

28/03/2013 12:17 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

Le FMI a jugé "difficile" jeudi d'étendre à d'autres pays européens la solution adoptée à Chypre et a reconnu que les temps allaient être durs pour les habitants de l'île méditerranéenne où se profile une récession profonde.

"Le cas de Chypre était très complexe et par nature unique. Il serait difficile d'étendre ce cas au reste de l'Europe ou dans le monde", a déclaré un porte-parole du Fonds monétaire international, Gerry Rice, refusant toutefois de préciser si le FMI jugeait souhaitable une telle généralisation.

Sous la pression de ses créanciers de la troïka (FMI, Union européenne, BCE), Chypre a accepté lundi à l'aube la faillite de la banque Laïki, l'une des plus importantes du pays, et une mise à contribution des gros déposants en contrepartie d'une aide de 10 milliards d'euros.

Cette stratégie, qui n'a pas totalement rassuré les marchés, rompt avec celle adoptée jusque-là par la troïka dans les pays de la zone euro sous assistance financière internationale (Grèce, Portugal, Irlande) où les banques ont été sauvées de la faillite et recapitalisées par des fonds publics.

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a récemment créé un petit mouvement de panique en affirmant que la solution chypriote pourrait être retenue dans d'autres pays fragiles de la zone euro, au risque de provoquer une fuite des capitaux.

Le lobby bancaire international (Institut de la Finance internationale, IIF) a d'ailleurs mis en garde les investisseurs jeudi en estimant que cette nouvelle approche pourrait bien préfigurer la manière "dont les futures tensions" dans la zone euro seront gérées.

Le porte-parole du FMI a, lui, tenu à rappeler que le cas chypriote démontrait surtout la "nécessité pour l'Europe de continuer à avancer vers une union bancaire".

A l'heure où les banques ont réouvert à Chypre après douze jours de fermeture forcée, M. Rice a par ailleurs tenu à défendre le plan de sauvetage du pays qui suscite des inquiétudes croissantes sur l'île, désormais amputée d'une partie d'un secteur financier crucial pour son économie.

L'Europe a imposé un prix "trop élevé" à Chypre, alimentant "amertume" et "colère", a ainsi affirmé le ministre chypriote des Affaires étrangères Ioannis Kasoulides, affirmant que le pays, déjà en récession, allait connaître des "jours pires" cette année.

Le porte-parole du FMI a reconnu que la mise en oeuvre du plan d'aide ouvrait une période "difficile pour les chypriotes pendant un certain temps".

"Nous en sommes conscients mais cela débouchera au final sur un modèle économique qui sera plus viable et plus porté sur la croissance", a précisé M. Rice, ajoutant que la solution adoptée n'allait pas peser de "manière excessive" sur les contribuables chypriotes.

L'IIF ne partage pas son optimisme et a assuré jeudi que l'économie du pays allait connaître une "chute libre" avec une récession qui pourrait atteindre 20% dans les deux prochaines années.

Le porte-parole du FMI a également admis que le plan de répartition exact entre l'institution de Washington et les Européens sur le financement des 10 milliards d'euros de prêts à Chypre n'était pas encore bouclé.

Le travail actuellement mené par les équipes de la troïka à Nicosie pour finaliser des détails techniques "déterminera le montant de l'assistance financière" qu'apportera le FMI, a précisé M. Rice, alors que le chiffre de 1 milliard d'euros circule dans la presse.

Rappelant les différentes étapes de la procédure au sein de l'institution, le porte-parole a indiqué que la "décision finale" ne devrait pas être prise par le FMI avant la "fin avril".

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