NOUVELLES

Le budget de la Feuille de route pour les langues officielles est maintenu

28/03/2013 11:59 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Ottawa reconduit sa Feuille de route pour les langues officielles avec des budgets similaires à ceux du passé, au plus grand soulagement des communautés minoritaires au pays.

Certains craignent toutefois que l'on pige allègrement dans l'enveloppe de 1,1 milliard $ sur cinq ans pour d'autres fins que ce qui est prévu dans le document présenté jeudi.

Le plan quinquennal dévoilé par le ministre du Patrimoine, James Moore, se construit sur trois axes: l'éducation pour favoriser l'apprentissage d'une langue seconde; l'immigration, notamment pour encourager une immigration francophone hors-Québec; et l'appui aux communautés linguistiques minoritaires.

«Ce n'est pas juste une simple formule de chiffres, c'est la manière dont on utilise ces sommes-là», a signalé M. Moore.

L'enveloppe, légèrement bonifiée de 24 millions $ au total, représente une augmentation modeste par rapport à la précédente, inférieure à l'inflation. Mais alors que le gouvernement conservateur impose d'importantes compressions à l'appareil d'État, ces sommes sont bien accueillies par les groupes concernés.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Marie-France Kenney, qualifie de «tour de force» le maintien du financement dans un contexte économique où l'on «sabre partout».

«Dire que tout est beau, c'est un peu prématuré. On est contents d'avoir maintenu nos acquis», a-t-elle noté, ajoutant qu'elle s'interrogeait encore sur certains détails, notamment en ce qui à trait aux sommes pour l'immigration et l'éducation.

Selon les documents fournis par le gouvernement, les montants alloués aux différents ministères demeurent à peu près les mêmes que pour la Feuille de route 2008-2013. Un d'entre eux remporte une part plus importante du gâteau, Citoyenneté et Immigration Canada, qui voit son enveloppe passer de 20 millions $ à 149,5 millions $.

«Le Canada, ce n'est pas juste un pays pour les immigrants qui veulent parler anglais (...), mais (également) qui parlent français. Notre porte est ouverte, oui, au Québec, mais aussi dans les autres régions», a fait valoir le ministre Moore.

Le député libéral Stéphane Dion met toutefois en garde contre les conservateurs, qu'il décrit comme de véritables «magiciens avec les chiffres». Il note d'ailleurs que 120 millions $ sont alloués pour la formation des nouveaux arrivants dans l'une ou l'autre des langues officielles, ce qui «gonfle artificiellement» les budgets à ses yeux.

«Que la Feuille de route serve à apprendre le français aux immigrants à Saint-Boniface, oui. Mais l’anglais à Winnipeg, c’est une chose que le gouvernement doit faire, mais pas à l’intérieur de la Feuille de route», a-t-il signalé.

Le néo-démocrate Yvon Godin s'inquiète de son côté qu'un comité ait recommandé mercredi de recentrer la Feuille de route pour la dualité linguistique en vue des préparatifs du 150e anniversaire de la Confédération.

«On a un rapport du comité des langues officielles qui invite les ministères à aller piger dans la Feuille de route pour le 150e. Moi ça m'énerve, ça me fait peur», a-t-il confié.

Néo-démocrates et libéraux ont d'ailleurs émis des opinions dissidentes au rapport du comité, dominé par les conservateurs majoritaires. À leurs yeux, les budgets accordés pour le 150e anniversaire du pays doivent être complètement distincts de ceux de la Feuille de route.

«La Feuille de route, ce n'est pas un fourre-tout», a également insisté Mme Kenney.

Le ministre Moore n'a pas tranché sur la question, mais il a semblé plutôt tiède aux recommandations de ses collègues conservateurs siégeant sur le comité.

«Ce ne serait pas notre but avec le projet de couper les ressources pour les communautés. Alors on va regarder les recommandations, je vais parler avec mes collègues sur ce qu'ils désirent comme résultats et on va regarder notre grande programmation pour le 150e anniversaire», a-t-il assuré.

PLUS:pc