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La Cour suprême accorde un nouveau procès à Jean-Philippe Mailhot

28/03/2013 10:06 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La Cour suprême du Canada accorde un nouveau procès à Jean-Philippe Mailhot, un jeune Montréalais condamné pour le meurtre de sa femme.

Selon le plus haut tribunal du pays, un nouveau procès s’impose.

La Cour a été unanime et d'une rare concision:«Nous convenons tous avec le juge Doyon, dissident en Cour d'appel, qu'un nouveau procès s'impose en raison de l'incidence des directives du juge de première instance sur l'équité du procès», est-il écrit dans l'unique paragraphe du jugement.

Et cela en raison du fait que les propos du juge du procès pourraient potentiellement constituer des «opinions» sur le verdict susceptible d'être rendu, ce qui n'est pas permis.

La femme de M. Mailhot, originaire du Chili, Anna-Maria Salinas Norbakk, avait été poignardée à 34 reprises en 2004 dans leur appartement, à Montréal-Nord.

La nuit du drame, M. Mailhot avait tenté de maquiller la scène pour faire croire qu'elle avait été tuée par un voleur avant de composer le 911.

Mais le jeune homme était couvert de sang et sa mise en scène était si mal ficelée qu'il a été arrêté la nuit même.

Par la suite, M. Mailhot a présenté une nouvelle version: sa femme avait tenté de s'enlever la vie en se tranchant la gorge. Il aurait donné les coups de couteau successifs pour abréger ses souffrances.

Au procès, il a maintenu la thèse du suicide, ajoutant que sa femme se mutilait. Les jurés ont d'ailleurs pu prendre connaissance de certains échanges de la victime sur l'internet qui tendaient à soutenir cette théorie à la fois d'automutilation et d'idées suicidaires.

Ainsi, le jury devait notamment déterminer si la jeune femme s'était blessée elle-même et, si oui, qui avait porté le coup fatal: elle ou son mari. M. Mailhot a aussi soutenu qu'il devait être acquitté parce qu'il souffrait d'un trouble mental quand il a asséné les coups de couteau: selon ses mots, il se trouvait dans un état de «dissociation» et voyait la scène de l'extérieur, comme un robot.

M. Mailhot avait été condamné pour meurtre non prémédité par un jury. La Cour d'appel avait ensuite confirmé ce verdict, mais un juge du banc était dissident.

«En résumant la défense, le juge de première instance en a altéré l'essence et a implicitement et erronément incité le jury à la rejeter en donnant en quelque sorte son opinion sur le verdict», avait déclaré le juge François Doyon, qui aurait dès lors ordonné un nouveau procès.

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