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Commission Charbonneau: André Morrow affirme avoir été utilisé sans le savoir

28/03/2013 09:14 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le président de Morrow Communications, André Morrow, affirme avoir été involontairement pris dans la controverse entre SNC-Lavalin et Union Montréal concernant une facture de 75 000 $ de sa firme qui intrigue la Commission Charbonneau.

Devant la commission, le vice-président principal de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, avait soutenu qu'il avait été sollicité pour verser 200 000 $ au parti Union Montréal. Pour parvenir à dégager cette somme, il aurait versé 125 000 $ en argent comptant et aurait accepté de payer une facture de 75 000 $ de Morrow Communications à la place d'Union Montréal.

De son côté, l'agent officiel d'Union Montréal, Marc Deschamps, avait affirmé que cette facture de 75 000 $ n'avait pas trait à du travail fait pour Union Montréal et se justifiait par «peu ou pas de travail fait» pour SNC-Lavalin.

Jeudi, devant la commission, M. Morrow a repris essentiellement les mêmes mots que M. Deschamps, affirmant qu'il avait fait «peu ou pas de travail» pour SNC-Lavalin, pour cette facture de 75 000 $. Mais il a expliqué que cela s'expliquait par «un retainer», une sorte de période de mise en disponibilité exclusive à laquelle Morrow Communications acceptait de se prêter pour SNC-Lavalin. Et finalement, ses services ont été peu requis durant cette période.

M. Morrow a aussi confirmé les dires de M. Deschamps, selon lesquels il ne s'agissait pas de travail fait par Morrow Communications pour le parti Union Montréal. Mais il a contredit ainsi M. Cadotte, de SNC-Lavalin.

Les dates de la lettre d'entente justifiant la facture ont toutefois laissé perplexe la commission. Elles font ainsi référence à une période de disponibilité de Morrow Communications du 1er février 2005 au 31 décembre 2005. Or, cette période coïncide avec la période électorale à Montréal, puisque l'élection a eu lieu en novembre 2005.

Et c'est en novembre 2005 qu'il a été convenu avec SNC-Lavalin de cette lettre d'entente, selon M. Morrow, alors que la période de disponibilité est en grande partie rétroactive à cette date. «On m'a demandé de produire la facture immédiatement», a justifié M. Morrow.

M. Morrow affirme avoir cru que SNC-Lavalin voulait agir ainsi, avec une facture pour une mise en disponibilité rétroactive, pour ses impôts ou pour boucler son exercice budgétaire.

Il n'a pas posé davantage de questions sur cette façon de faire à SNC-Lavalin, a-t-il admis. Il connaissait le vice-président de SNC-Lavalin, Pierre Anctil, depuis 30 ans, ayant milité avec lui au Parti libéral du Québec.

Un autre aspect a fait sourciller le commissaire Renaud Lachance.

Dans sa propre déclaration écrite devant la commission, M. Morrow dit avoir été choisi par SNC-Lavalin à cause de son «implication auprès d'Union Montréal». Donc, lui-même fait référence à son travail pour Union Montréal pour cette facture à SNC-Lavalin.

Mais M. Morrow a justifié la contradiction par le fait qu'il voulait plutôt faire référence à son «implication politique» en général, et non à son «implication politique auprès d'Union Montréal».

Il a assuré que s'il avait su dans quoi il s'embarquait alors, il aurait refusé de le faire.

«J'ai appris ça ici même, en même temps que vous à la commission. Je n'ai jamais été au courant de ça. Et je vous dis que si j'avais été au courant de ça, j'aurais refusé, je me serais levé et je serais parti. Je ne faisais pas partie de ça. Je ne faisais pas partie du financement», a plaidé M. Morrow.

«Je n'ai jamais été mercenaire d'élection; je n'ai jamais été organisateur d'élection; je n'ai jamais été un travailleur d'élection; je n'ai jamais fait de financement. Je ne fais que du conseil en communication», a-t-il plaidé.

Sa firme a eu maints contrats dans le milieu politique, pour des chefs libéraux du Québec _ Robert Bourassa, Daniel Johnson, Jean Charest _, des chefs libéraux du Canada _ Jean Chrétien, John Turner, Michael Ignatieff, Paul Martin _ et pour Gérald Tremblay, à Montréal.

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