Morrow dément avoir été payé par SNC-Lavalin pour services rendus à Union Montréal

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Le président de Morrow Communications, André Morrow, dément avoir été payé par la firme de génie-conseil SNC-Lavalin pour des services rendus à Union Montréal lors de la campagne électorale de 2005, comme l'a affirmé le vice-président de cette firme, Yves Cadotte. L'ex-directeur du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier, poursuivra son témoignage par la suite.

La semaine dernière, le vice-président principal de SNC-Lavalin avait déclaré qu'il avait versé 75 000 $ à Union Montréal en payant une facture de Morrow communications, à la demande de Bernard Trépanier.

M. Morrow reconnaît avoir signé une entente de gré à gré en novembre 2005 par laquelle SNC-Lavalin retenait les services de sa boîte de communication pour des projets à définir. L'entente a été conclue avec Pierre Anctil, un ancien directeur général du PLQ qui était alors un vice-président de la firme. L'entente est survenue peu après la fin de la campagne municipale de 2005, lors de laquelle Morrow Communications avait travaillé aux côtés de Gérald Tremblay.

« Est-ce que c'est pour payer des choses qu'Union Montréal aurait dû payer ? Non » — André Morrow

La commission est intriguée par le fait que la lettre d'entente était anti-datée de neuf mois soit février 2005, mais M. Morrow dit qu'à l'époque il n'en a pas fait cas.

Le montant de l'entente de 75 000 $ lui a été payé par SNC-Lavalin le 15 novembre. La somme a été encaissée par sa boîte et n'a jamais servi à autre chose, soutient-il. M. Morrow dit qu'il n'a pas été étonné d'être payé pour des services qu'il n'avait pas encore rendus et qu'il faisait confiance à SNC-Lavalin, avec laquelle il voulait développer des relations d'affaires.

« J'ai fait peu ou presque pas de choses à l'intérieur de ce mandat-là » par la suite, a-t-il cependant précisé.

M. Morrow est un habitué des milieux politiques. Il a œuvré au sein du Parti libéral sous Robert Bourrassa puis poursuivi jusque sous Jean Charest. Il a aussi été impliqué au Parti libéral du Canada.

« Tous les travaux que j'ai faits durant la campagne ont été facturés à Union Montréal et payés par Union Montréal. » — André Morrow

C'est en 2001 qu'il s'associe à Gérald Tremblay, ex-ministre libéral, pour se lancer à l'assaut de la mairie de Montréal. Il sera de nouveau à ses côtés pour la campagne de 2005 pour s'occuper de la publicité : affiches, pancartes, site Internet...

M. Morrow explique qu'il ne s'occupe que de questions de communications pour le maire, jamais de financement ou d'organisation.

Il a cependant croisé M. Trépanier lors de la campagne qui, parfois, s'enquérait du matériel de communication produit. La commission fait état de quelques échanges téléphoniques.

La commission a montré une facture de Morrow Communications avait bel et bien été envoyée à Pierre Anctil de SNC-Lavalin à la fin de 2005. Yves Cadotte assure qu'il s'agissait d'une fausse facture, les services facturés n'ayant pas été rendus à sa firme.

« J'aime faire de la politique, je crois à la politique » — André Morrow

Bernard Trépanier a nié avoir demandé une telle chose à Yves Cadotte hier. Il a cependant admis que le vice-président de SNC-Lavalin lu avait parlé de cette facture.

Le trésorier d'Union Montréal Marc Deschamps a reconnu lundi qu'Union Montréal a fait appel aux services de Morrow Communications en 2005, mais a assuré que le parti « a payé toutes les heures facturées par Morrow Communications ».

Marc Deschamps a d'ailleurs révélé avoir parlé à André Morrow la semaine dernière. Il a soutenu que le président de la firme de communications lui a assuré « que cette facture-là n'avait pas trait à la campagne électorale ».

Le fait que M. Deschamps ait parlé à André Morrow au milieu de son témoignage n'avait pas manqué d'intriguer la commission.

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Bernard Trépanier interrogé sur ses liens avec Zampino et Marcil

La commission Charbonneau se penchera aujourd'hui sur les relations incestueuses qu'ont entretenu le directeur du financement d'Union Montréal Bernard Trépanier, l'ex-président du comité exécutif Frank Zampino et l'ex-directeur de la réalisation des travaux, Robert Marcil, eu égard au système de collusion des firmes de génie-conseil décrit par plusieurs témoins.

Le procureur en chef adjoint Denis Gallant a souligné hier en fin de journée que Bernard Trépanier parlait toujours à ces deux hommes dans les heures précédant ou suivant la tenue d'un comité de sélection auquel siégeait Robert Marcil. D'autres appels à Rosaire Sauriol, alors vice-président de Dessau et Michel Lalonde, PDG du groupe Génius, seront aussi étudiés.

Des registres téléphoniques présentés par la commission mercredi ont montré que Bernard Trépanier a parlé:

  • 1808 fois avec Frank Zampino entre janvier 2005 et janvier 2011;
  • 984 fois à Michel Lalonde entre janvier 2005 et mai 2010;
  • 775 fois à Rosaire Sauriol entre janvier 2005 et novembre 2009;
  • 195 fois à Robert Marcil entre janvier 2006 et juillet 2009.

La commission a déjà établi que Robert Marcil a participé à 17 comités de sélection entre août 2007 et juin 2009, un phénomène intriguant dans la mesure où ses responsabilités à la Ville venaient d'augmenter. Elle l'avait d'ailleurs longuement interrogé sur les nombreux appels qu'il effectuait à Bernard Trépanier ou Michel Lalonde à cette occasion.

Robert Marcil avait dit ne pas avoir de souvenir d'avoir transmis des résultats de comités de sélection à Bernard Trépanier : « Si je me souviens pas, je ne peux pas affirmer oui, je ne peux pas affirmer non. [...] Je ne veux pas me compromettre [...] Je suis dans l'incertitude ». La commissaire Charbonneau était alors sortie de ses gonds en lui demandant s'il était « imbécile ou incompétent ».

Michel Lalonde a expliqué à la commission en janvier qu'il avait coordonné un système de collusion en vertu duquel toutes les grandes firmes de génie-conseil se répartissaient les grands contrats publics de la Ville en échange d'une ristourne de 3 % versée à Union Montréal par l'entremise de Bernard Trépanier. l'existence de ce système a été par la suite confirmé par quatre hauts dirigeants de firmes de génie qui ont témoignés devant la commission.

Le directeur du financement a formellement nié que ce système ait existé mercredi.

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