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Cauchon se range dans le camp des militants qui déplorent la centralisation

28/03/2013 05:12 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - L'autre candidat québécois au leadership du Parti libéral du Canada (PLC), Martin Cauchon, déplore le sort réservé à l'aile québécoise de son parti.

Le quotidien Le Devoir révélait jeudi matin qu'à cause des décisions prises au congrès du parti, l'an dernier, l'aile québécoise du PLC devra se contenter de trois employés et d'un budget annuel de 300 000 $, le parti ayant convenu de regrouper argent et structures à Ottawa.

«Je ne suis pas en faveur de la centralisation qui est en train de se faire présentement», a dénoncé M. Cauchon, en entrevue à La Presse Canadienne, jeudi.

«On doit maintenir des présences dans l'ensemble des régions le plus possible. Au Québec, on avait l'habitude d'avoir des permanences assez solides», a-t-il rappelé.

Il croit d'ailleurs que cette présence est essentielle pour la reconstruction de son parti au Québec où on le boude depuis quelques élections fédérales déjà.

Par ailleurs, à quelques jours de la fin de la course au leadership de son parti, une course pour laquelle presque tous donnent Justin Trudeau gagnant, M. Cauchon s'accroche. L'ancien ministre a assuré que ceux qui votent et qui décideront qui sera le prochain leader, le 14 avril, n'ont pas encore arrêté leur choix.

«Je fais la distinction entre la couverture médiatique _ parce que tout au long de la campagne, ce qu'on a vu au sujet de Justin, c'est essentiellement des publireportages _ et le vote des membres et sympathisants du parti», a-t-il dit.

Dans une attaque qui ne se voulait pas subtile, il s'en est pris à M. Trudeau. «Il y en a qui disent que dans la course, pas besoin d'exprimer de visions, ce n'est pas important. Moi, au contraire, je pense que les gens doivent savoir pour qui ils votent.»

Il a reproché à son adversaire une vision dépassée de la question constitutionnelle.

À Justin Trudeau qui ne veut pas rouvrir le débat déchirant, Martin Cauchon fait valoir qu'il faut, au contraire, préparer le terrain, démontrer que le Parti libéral peut changer d'approche.

Il parle de «flexibilité», de «s'adapter aux particularités de chacune des provinces».

«Et ça, ça ne se fait pas en criant lapin, a-t-il averti. C'est une approche qui doit se développer au cours d'un certain nombre d'années. Et lorsque vous allez avoir développé cette approche-là, les provinces vont avoir le goût de participer à la fédération.»

Et c'est seulement alors «qu'on pourra penser à rouvrir la question constitutionnelle». M. Cauchon estime qu'on en a pour 10 ou 15 ans.

Le PLC annoncera le 14 avril le nom de son prochain chef. Le vote des 130 774 membres et sympathisants débute le 7 avril. Ils sont encore six candidats, M. Trudeau étant de loin le meneur dans cette course.

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