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Bernard Trépanier admet avoir reçu de l'information privilégiée de Robert Marcil

28/03/2013 01:40 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'ex-directeur du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier, a fini par admettre, jeudi devant la Commission Charbonneau, avoir reçu des informations privilégiées de la part de Robert Marcil, afin de les transmettre à des firmes de génie-conseil.

Interrogé par le procureur chef adjoint de la commission, Me Denis Gallant, M. Trépanier a admis que l'ex-directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal l'informait des projets à venir et du moment de leur réalisation. M. Trépanier communiquait ensuite ces informations aux firmes de génie.

«Est-ce qu'on peut considérer que c'est de l'information jugée confidentielle? Que cette information-là, M. Marcil aurait dû la garder pour lui?» lui a demandé Me Gallant.

«Peut-être... Je ne peux dire... C'est un avantage que j'avais de le savoir», a fini par admettre M. Trépanier.

«Et voilà!» s'est exclamé Me Gallant.

M. Trépanier a assuré que M. Marcil ne lui disait toutefois pas le coût estimé des projets par la Ville.

M. Trépanier a lui-même admis que ces informations lui facilitaient la tâche pour pouvoir ensuite solliciter des contributions politiques auprès des firmes de génie-conseil.

«Vous savez que quand on fait du financement sectoriel, la loi électorale est bafouée, ultra bafouée. Ce qui est important pour vous, c'est des chèques. Que ça soit Joe Tartempion qui soit écrit sur le chèque ou que ce soit Monica Lewinsky ou n'importe qui qui soit écrit sur le chèque, ça vous importe peu. Ce qui est important c'est de remplir vos objectifs (de financement). On est d'accord?» a demandé Me Gallant.

«Exact», a simplement répondu M. Trépanier.

Me Gallant a fait des recoupements entre les relevés téléphoniques et les dates de la tenue des comités de sélection pour conclure qu'il y avait alors souvent des appels téléphoniques entre MM. Trépanier et Marcil, de même qu'avec les ingénieurs Michel Lalonde, de Génius _ qui a admis avoir été le porte-parole du cartel des ingénieurs _ et Rosaire Sauriol, de Dessau.

Malgré tout, M. Trépanier a juré: «je n'ai jamais donné d'argent à M. Marcil».

Me Gallant a toutefois douté du fait que ce haut-fonctionnaire des travaux publics ait ainsi risqué son poste pour donner gracieusement des informations privilégiées au responsable du financement du parti politique au pouvoir.

«Vous savez que M. Marcil a un devoir de loyauté envers son employeur, qui est la Ville de Montréal, et que l'information qu'il vous donnait était peut-être passible pour lui de perdre son emploi?» lui a demandé Me Gallant.

«Ça, je ne le savais pas, par exemple», a répondu M. Trépanier.

M. Trépanier poursuivra son témoignage le lundi 15 avril, puisque la commission fait relâche pendant deux semaines pour la fête de Pâques.

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