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A Guantanamo, des détenus se plaignent de manquer d'eau et d'avoir froid

28/03/2013 05:27 EDT | Actualisé 28/05/2013 05:12 EDT

Des prisonniers de Guantanamo, où plusieurs dizaines de détenus observent une grève de la faim, affirment être rationnés en eau potable et souffrir de températures "extrêmement froides" dans leurs cellules, ont indiqué des avocats jeudi à l'AFP.

Une plainte en ce sens a été introduite en urgence auprès d'un tribunal de Washington par un détenu yéménite, dont les allégations ont été catégoriquement démenties par le commandant de la prison John Bogdan et dans une réponse du ministère de la Justice déposée jeudi devant cette même instance.

"Ces allégations sont fausses", écrit le ministère de la Justice dans ce document dont l'AFP a obtenu une copie, en demandant le rejet de la plainte, déposée mardi.

Le ministère confirme toutefois le dépôt d'une plainte, établie selon lui "sur la base d'un coup de téléphone entre le plaignant et son défenseur".

Le plaignant Musaab al-Madhawani, emprisonné depuis 11 ans à Guantanamo, demande "une aide humanitaire d'urgence" à ses geôliers pour qu'ils lui fournissent "de l'eau potable et des vêtements suffisamment chauds", selon la plainte.

Le détenu yéménite "n'absorbe plus que de l'eau et aucune nourriture" en participant à une grève de la faim, en cours depuis 7 semaines pour certains, un mouvement déclenché le 6 février à la suite d'une fouille au cours de laquelle des effets personnels ont été confisqués et des Corans examinés d'une manière perçue par les prisonniers comme "une profanation religieuse".

Or, depuis trois jours, on leur refuse l'accès à de l'eau potable, "les gardiens leur disent de boire au robinet, mais l'eau du robinet n'est pas potable à Guantanamo", souligne son avocat Stephen Xenakis.

En outre, "depuis 10 jours, les autorités pénitentiaires ont maintenu la climatisation à des températures extrêmement froides" et les vêtements en coton fournis sont insuffisants, ajoute-t-il, accusant le commandement de Guantanamo de "tenter de casser la grève de la faim".

"L'armée ne devrait pas les nourrir de force pour les garder vivants ou faire pression sur eux en les congelant dans leurs cellules, en les privant d'eau ou en les plaçant à l'isolement", a abondé David Remes, l'avocat de 15 détenus, tous grévistes. Des allégations également confirmées à l'AFP par l'avocat de deux Koweitiens, Barry Wingard.

Me Xenakis, un médecin psychiatre, fait état du "retour aux conditions de détention dures qui régnaient en 2002 et 2003", depuis l'arrivée d'un nouveau commandant de la prison début 2013.

"Les conditions de vie à la prison sont devenues si extrêmes que virtuellement tous les détenus (du camp 6, qui sont environ 130, NDLR) participent à cette grève de la faim pour protester contre le traitement qui leur est infligé", explique l'avocat.

Selon le porte-parole de la prison, le capitaine Robert Durand, "la température est maintenue à une température confortable et n'est pas modifiée pour punir les détenus". L'eau du robinet à la prison est "la même eau avec laquelle je fais mon café", a-t-il affirmé.

Trente-et-un détenus observent la grève de la faim, un bilan qui a plus que triplé par rapport aux premiers chiffres donnés par les autorités le 11 mars, selon M. Durand. Onze sont alimentés de force par des tubes insérés dans l'estomac.

chv/are

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