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Viols au Nord-Kivu : l'ONU lance un ultimatum à la RDC

27/03/2013 11:20 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

Le sous-secrétaire général de l'ONU pour les missions de paix, Hervé Ladsous, a lancé un ultimatum au gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), mercredi, pour que les soldats de deux bataillons de l'armée congolaise accusés d'au moins 126 viols dans la région de Minova, en novembre dernier, ne restent pas impunis.

M. Ladsous a donné à la RDC une semaine pour agir, lors d'une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de ce pays, Raymond Tshibanda.

Cela survient à la veille d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, jeudi, au cours de laquelle les pays membres doivent se prononcer sur une résolution prévoyant la mise en place d'une brigade devant aider l'armée congolaise à combattre des groupes rebelles dans l'est de la RDC.

Déjà, en février, les Nations unies avaient brandi la menace de cesser de collaborer avec les bataillons congolais visés si rien n'était fait concernant ces dizaines de viols présumés. L'armée congolaise dépend pour beaucoup de ce soutien militaire de l'ONU.

« Le gouvernement congolais a été averti que les actions de l'armée ne sont pas acceptables et qu'il y aura de sérieuses conséquences », a indiqué un diplomate à l'Agence France-Presse.

La Mission de l'ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a recensé au moins 126 viols et deux meurtres dans le secteur de Minova, capitale provinciale du Nord-Kivu, en novembre. Selon les informations de l'ONU, neuf soldats des forces gouvernementales avaient été arrêtés, deux pour viols et sept pour pillage.

Des organisations humanitaires et de défense des droits de l'homme ont toutefois affirmé qu'aucun gradé n'avait été arrêté et que les accusations n'avaient eu aucune suite.

L'est de la RDC est le théâtre de conflits quasiment ininterrompus depuis une vingtaine d'années, en raison de ses richesses minières et agricoles que dispute le gouvernement congolais à certains pays voisins, principalement le Rwanda et l'Ouganda. L'ONU accuse ces pays de soutenir les rebelles du M23, ce que démentent les deux pays.

Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent depuis des années les exactions commises contre les femmes en RDC, où on recense une moyenne de 14 viols par jour. Le tiers de ces viols sont commis dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

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