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Routes: ralentissement des investissements, annonce Gaudreault

27/03/2013 03:19 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Le gouvernement péquiste ralentit les investissements dans les infrastructures du réseau routier, a annoncé mercredi le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault.

M. Gaudreault a déclaré que les sommes prévues au cours des deux prochaines années, soit 2013-14 et 2014-15, seront de 5,6 milliards $, dont 435 millions $ provenant des partenaires.

De cette somme, 4,2 milliards $ seront consacrés au maintien des structures et chaussées, tandis que 1,4 milliard $ servira au développement du réseau.

L'an dernier, pour la seule période 2012-13, les libéraux avaient annoncé des investissements de 4 milliards $, dont 538 millions $ des partenaires.

Premier poste budgétaire régional, au cours des deux prochaines années, l'île de Montréal recevra 1,3 milliard $ d'investissements, suivie par la Montérégie, qui sera dotée de 724 millions $, et par Chaudière-Appalaches, où les sommes seront de 654 millions $.

Sur la liste des projets, à Montréal, la réfection du tablier du pont Médéric-Martin, sur l'autoroute 15, et la reconstruction du pont Monette sur la route 138, sont au programme.

À Québec, ce sont des ponts sur l'autoroute Dufferin-Montmorency et sur l'autoroute Laurentienne qui sont sur la liste du ministère.

Les détails suivront au cours des prochains mois alors que le ministère annoncera d'autres projets dans les diverses régions, a indiqué M. Gaudreault.

Admettant en conférence de presse que les investissements ralentissent, il a déclaré que le ministère doit faire sa part pour que le gouvernement rétablisse l'équilibre budgétaire.

«Je conviens avec vous que c'est moins, mais je suis convaincu que nous pouvons être beaucoup plus efficaces, beaucoup plus performants, a dit M. Gaudreault. Nous avons tous un effort important à faire dans le budget du gouvernement.»

Le ministre a soutenu que les péquistes feront preuve de plus de rigueur que leurs adversaires dans leurs annonces de projets routiers, comme le prolongement de l'autoroute 19, au nord de Montréal, dont l'échéancier s'est allongé après le lancement du projet en 2010.

M. Gaudreault a expliqué que la nouvelle loi 1, qui exige des entreprises qu'elles montrent patte blanche avant d'accéder aux contrats publics, entraînera des économies.

«Par nos actions très fortes contre la collusion et la corruption, nous sommes convaincus que nous allons diminuer également les coûts», a-t-il dit.

M. Gaudreault a soigneusement évité de dire que le ralentissement dans les investissements aura un effet sur les échéanciers annoncés par ses prédécesseurs.

«Je ne veux pas parler en termes de retard mais en termes de meilleure planification», a-t-il dit.

Le ministère des Transports a dévoilé son programme sur une période de deux ans, une première.

«Ça donne une plus grande prévisibilité, une meilleure planification, a dit M. Gaudreault. On donne un horizon un peu plus long, on n'est pas d'une année à l'autre, ce qui est assez de courte vue parfois sur des chantiers.»

Mais la députée libérale Julie Boulet a analysé que cette planification sur deux ans n'a pour but que de masquer la réduction des investissements.

«C'est de la foutaise, a-t-elle lâché. Le Québec a fait la démonstration au cours des dernières années qu'on était capable de faire des beaux projets, de les réaliser. Il veut tout simplement nous cacher qu'il n'est pas capable d'avoir les sous pour les besoins du MTQ alors il nous étire le calendrier sur deux ans.»

M. Boulet estime que l'annonce de M. Gaudreault démontre que le ministère des Transports est la cible principale des compressions gouvernementales de 1,5 milliard $ inscrites dans le dernier budget.

«Il y aura assurément des projets qui seront retardés, qui seront mis sur la glace, qui seront ralentis, qui seront reportés, a-t-elle dit. On n'a pas les détails mais dans toutes les régions du Québec il y aura des conséquences.»

Sur les affirmations de M. Gaudreault concernant les délais dans le prolongement de l'autoroute 19, Mme Boulet a défendu la gestion des libéraux.

«C'est en retard parce qu'on ne parle plus du même projet, le projet a tout été revu, on a rajouté des voies réservées, a-t-elle dit. Il faut faire attention, un projet évolue dans le temps: c'est pas des dépassements de coûts, c'est une bonification de projet.»

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