NOUVELLES

Québec: le financier d'un parti admet à contrecoeur un système de corruption

27/03/2013 01:44 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

L'ancien financier du parti jusqu'à récemment au pouvoir à Montréal a admis du bout des lèvres mercredi que les entreprises finançant sa formation obtenaient en "retour" des contrats juteux, tout en niant l'existence d'une "taxe" qui lui a valu le surnom de "Monsieur 3%".

Bernard Trépanier, aujourd'hui âgé de 74 ans, a été décrit par plusieurs industriels ayant témoigné ces derniers jours devant la Commission Charbonneau comme le chef d'orchestre d'un vaste système de collusion ayant assuré pendant plusieurs années le financement illégal du parti Union Montréal en échange de l'attribution de lucratifs contrats municipaux.

Selon ces témoins, d'importantes sommes en argent comptant, totalisant des millions de dollars, avaient été remises à M. Trépanier qui devait son surnom à une "taxe" clandestine de 3% prélevée sur le montant des contrats truqués de travaux publics.

Interrogé mercredi, l'ancien "organisateur" politique a nié fermement ce système, tout en admettant que d'importantes contributions, allant jusqu'à 200.000 dollars, avaient été demandées à des firmes d'ingénierie à l'occasion de l'élection municipale de 2005.

Il a cependant donné le plus souvent des réponses évasives voire confuses.

C'est par des simples "oui" laconiques, arrachés par les questions du procureur Denis Gallant qu'il a reconnu que l'on "donnait des contrats à ceux qui contribuaient à Union Montréal", le parti de l'ancien maire démissionnaire Gérald Tremblay.

Il a cherché à minimiser son rôle, affirmant qu'il s'occupait essentiellement de vendre aux entreprises des billets à des "événements" de financement politique --réceptions ou cocktails.

La veille, il avait admis avoir "organisé" des "élections clés en main" dans des municipalités proches de Montréal, au profit de groupes d'intérêts --entrepreneurs en bâtiment par exemple-- qui appuyaient financièrement tel ou tel candidat en fonction de leurs intérêts.

Plusieurs hauts responsables de sociétés mises en cause par la Commission Charbonneau ont démissionné ces derniers jours, dont le vice-président de l'important groupe de BTP Dessau, Rosaire Sauriol, qui avait reconnu avoir mis en place un système de fausses factures pour pouvoir verser des pots-de-vin.

via/jl/mdm

PLUS:afp