NOUVELLES

L'opposition soudanaise rejette l'appel au dialogue du vice-président

27/03/2013 11:16 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

L'opposition politique soudanaise a rejeté mercredi l'invitation à participer à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, formulée la veille par le vice-président Ali Othmane Taha.

Dans sa première conférence de presse en deux ans, M. Taha avait également appelé les rebelles combattant l'armée dans les régions du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu à participer à la rédaction de la loi fondamentale.

Il avait estimé que l'amélioration d'une relation avec le Soudan du Sud permettait l'établissement d'un environnement politique moins restrictif au Soudan, où des figures de l'oppositions avaient été emprisonnées à plusieurs reprises.

Mais Bachir Adam Rahma, responsable des relations avec l'étranger du parti du Congrès populaire (opposition), a estimé que "la junte" gouvernementale avait un historique d'appels au dialogue "selon ses propres termes".

Il a précisé que l'opposition voulait faire partie d'un gouvernement de "transition" qui inclurait les rebelles et le Congrès national du président Omar el-Béchir. "Ce gouvernement pourra alors diriger le dialogue".

"Nous ne voyons rien de nouveau dans cet appel. C'est la même ligne" de conduite, a affirmé de son côté Farouk Abou Issa, chef de l'Alliance de l'opposition soudanaise qui regroupe plus d'une vingtaine de partis.

Pour lui, la rédaction d'une nouvelle constitution ne peut être supervisée par le régime al-Béchir, au pouvoir depuis 23 ans, et son parti.

Le Soudan a besoin d'une nouvelle Constitution pour remplacer celle de 2005 basée sur l'accord de paix qui avait mis fin à 23 ans de guerre civile entre Nordistes et Sudistes et entraîné la sécession du Soudan du Sud en juillet 2011.

Mardi, M. Taha avait aussi appelé le chef des rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N), Malik Agar, et son adjoint Abdel Aziz Al-Hilu à participer à l'élaboration de la Constitution.

Cet appel est "en un sens une reconnaissance qu'il y a une possibilité de discuter avec" les rebelles a estimé, Safwat Fanous, professeur de sciences politiques à l'université de Khartoum. Mais il est prématuré de s'attendre à un règlement politique.

L'armée et le SPLM-N s'affrontent depuis juin 2011 au Kordofan-Sud et septembre de la même année au Nil bleu, deux régions frontalières du Soudan du Sud et où Khartoum cherche à affirmer son autorité.

Les propositions de M. Taha ont été faites sous la pression de la communauté internationale et M. Béchir "n'accepetra pas cela", a estimé de son côté le militant Farouk Mohamed Ibrahim, de l'organisation soudanaise pour la défense des droits et des libertés.

"Cette proposition de paix ne signifie absolument rien", a-t-il dit en appelant à un soulèvement populaire pour renverser le régime.

it/tg/tp

PLUS:afp