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L'entrée de l'opposition syrienne à la Ligue arabe est "dangereux" (Iran)

27/03/2013 07:13 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

L'Iran a dénoncé mercredi le "dangereux précédent" établi par la Ligue arabe après l'octroi du siège de la Syrie, vacant depuis novembre 2011, à l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

Lors d'un sommet à Doha, les pays arabes ont attribué mardi le siège de la République syrienne au chef démissionnaire de l'opposition, Ahmad Moaz Al-Khatib et au "Premier ministre" intérimaire Ghassan Hitto, suscitant la colère de Damas qui a dénoncé "un vol commis par l'émirat du Qatar (...) et par d'autres régimes arabes traîtres".

"Attribuer le siège de la Syrie au soi-disant gouvernement provisoire est un dangereux précédent pour la Ligue arabe", a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, cité par les médias.

"De telles erreurs vont seulement venir s'ajouter aux problèmes", a ajouté le chef de la diplomatie, sans autre précisions.

"Ce geste marque dans les faits la fin du rôle de la Ligue (arabe) dans la région", a ajouté le ministre adjoint des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, cité par l'agence officielle Irna.

M. Amir-Abdollahian, chargé des relations avec les pays arabes et africains, a averti que d'autres membres de l'institution panarabe pourraient subir le même sort dans l'avenir.

Dans un entretien avec l'agence iranienne Fars, le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil a pour sa part affirmé que la population syrienne était "déçue par la Ligue arabe et ne la reconnaît plus". La Coalition de l'opposition "ne pourra jamais être considérée comme le représentant légitime du peuple syrien", a-t-il souligné.

L'Iran, principal allié régional de Damas, dénonce régulièrement le soutien des pays occidentaux et de certains pays arabes aux rebelles syriens, qualifiés de "terroristes".

Mardi, les pays arabes ont également proclamé leur droit d'armer l'opposition contre le régime syrien. Selon le patron de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi, il s'agit "d'établir un équilibre sur le terrain" entre l'opposition et le régime, dans le but de parvenir à une "solution politique".

Seuls Bagdad et Alger ont exprimé leurs réserves et le Liban s'est distancié du texte.

Le conflit syrien, déclenché en mars 2011 par une révolte populaire qui s'est militarisée face à la rébellion, a fait plus de 70.000 morts et un million de réfugiés.

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