Le recrutement de Gilles Duceppe par le gouvernement scandalise l'opposition (TWITTER)

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GILLES DUCEPPE
Agence QMI

QUÉBEC - L'opposition s'est déchaînée, mercredi, contre le recrutement de Gilles Duceppe par le gouvernement Marois.

À l'Assemblée nationale, caquistes et libéraux ont crié au copinage et à l'entourloupette souverainiste contre le Canada.

L'ancien chef du Bloc québécois sera responsable de la future «Commission nationale sur l'emploi et la main-d'oeuvre», un organisme chargé de préparer la riposte du Québec à la réforme de l'assurance-emploi et à la mainmise que veut exercer le fédéral sur la formation de la main-d'oeuvre.

La commission de M. Duceppe aura pour tâche d'entendre le point de vue d'experts et de spécialistes de toutes les régions pour garnir l'argumentaire du gouvernement du Québec.

En Chambre, la première ministre Pauline Marois a confirmé que M. Duceppe «contribuera à une consultation» pour faire le plein d'appuis au Québec contre la réforme fédérale «inéquitable» du régime d'assurance-emploi.

M. Duceppe connaît très bien les rouages du gouvernement fédéral _ il a siégé aux Communes pendant deux décennies _ et est la personne idoine pour obtenir «l'adhésion des citoyens concernés par l'attaque frontale fédérale», a-t-elle fait valoir.

De son côté, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, a indiqué que d'autres nominations suivront celle de l'ex-leader souverainiste. Le détail de «chacune des actions qui seront posées» dans le cadre de la «gouvernance souverainiste» sera dévoilé mercredi prochain, a-t-il dit.

Outré par la nomination de l'ancien patron du Bloc, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a accusé le Parti québécois au pouvoir de se livrer au même copinage que le gouvernement libéral précédent.

«La première ministre devrait comprendre que les nominations partisanes, les Québécois en ont plein leur casque!», a-t-il lancé pendant la période des questions.

Après la double nomination avortée d'André Boisclair à la Délégation du Québec à New York et dans la fonction publique, le gouvernement du PQ récidive en recrutant un autre ami du régime, a décrié le leader de la CAQ.

À son avis, la première ministre Marois «voulait offrir une job» à son ancien rival pour s'assurer de sa loyauté.

«Ce n'est pas le rôle du gouvernement de gérer les chicanes au Parti québécois et de payer pour aller chercher la loyauté des rivaux de la première ministre», a-t-il évoqué.

Pour sa part, le chef parlementaire de l'opposition libérale, Jean-Marc Fournier, a reproché au gouvernement Marois de s'offrir «une tournée électorale» dirigée par Gilles Duceppe à même les fonds publics.

Selon lui, l'ancien leader bloquiste jouera un rôle «d'agent provocateur» pour faire dérailler toute possibilité d'alliance entre les provinces dans le dossier de la main-d'oeuvre.

Recruter le «séparatiste le plus connu au Canada» n'est certainement pas le meilleur signal à envoyer au reste du pays, a-t-il analysé.

M. Fournier croit qu'une alliance pancanadienne contre la volonté du gouvernement fédéral de s'immiscer dans la formation de la main-d'oeuvre _ qui relève des provinces _ est tout à fait possible.

La Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec représentent 75 pour cent de la population canadienne et partagent le même point de vue au sujet de la main-d'oeuvre, a fait remarquer le leader parlementaire libéral.

«Plutôt que de travailler à bâtir un rapport de force canadien, le gouvernement du Parti québécois a décidé de piger dans les fonds publics pour payer une tournée électorale à Gilles Duceppe», a-t-il lancé.

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