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Le Québec se dotera d'une banque de lait maternel pour les bébés prématurés

27/03/2013 12:01 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Le Québec se dotera bientôt d'une banque de lait maternel.

Le gouvernement Marois a déposé, mercredi, un projet de loi qui confie ce mandat à Héma-Québec, déjà responsable de l'approvisionnement en sang.

Il existe beaucoup de banques de lait maternel dans le monde, mais le projet québécois est unique au monde, parce qu'il confiera à un organisme public déjà existant cette responsabilité, selon les autorités.

Si le projet de loi est adopté, pas moins de 260 donneuses seront sollicitées pour fournir du lait aux bébés nés prématurément, pour ceux dont les mères donnent peu ou pas de lait.

En effet, la consommation du lait maternel chez les bébés de 32 semaines et moins réduit les risques d'infection et d'allergie, améliore la tension artérielle et le développement osseux, et surtout, peut prévenir l'entérocolite nécrosante, qui cause souvent la mort des nourrissons, a expliqué en conférence de presse le ministre de la Santé, Réjean Hébert, qui pilote le projet de loi.

Selon le président d'Héma Québec, le Dr Jean De Serres, «le besoin est criant», puisqu'il y a environ 1000 bébés prématurés par année au Québec et le taux de complications est nettement plus élevé chez ceux qui ne reçoivent pas de lait maternel.

Entre trois et 10 bébés prématurés meurent chaque année de ces complications, a-t-il précisé.

Évidemment, la question s'est posée en conférence de presse: comment recueillera-t-on le lait? Les femmes tireront leur lait à la maison et le congèleront, puis Héma-Québec enverra ses employés chercher le lait chez celles qui auront été recrutées à cette fin, a expliqué le Dr De Serres.

Le transit par le réseau d'Héma-Québec assure un degré de sécurité inégalé dans le monde, a-t-il poursuivi.

«C'est une première, c'est ce qui fait qu'on va pouvoir assurer la qualité au même titre qu'on assure la qualité des produits sanguins. (...) Cela n'existe pas nulle part ailleurs.»

Le lait maternel est un produit biologique qui comporte des risques de transmission de maladies infectieuses comme le VIH, l'hépatite B, a-t-il rappelé. Les activités de prélèvement et de préparation du lait maternel doivent donc tenir compte de ces risques. Le lait sera donc pasteurisé et testé.

Par ailleurs, quant au recrutement, l'organisme recrutera d'abord ses donneuses parmi celles qui ont déjà consenti au don de sang de cordon, car elles ont déjà été testées, ce qui évite les dédoublements et accélère le processus, a-t-il ajouté.

Il en coûtera environ 900 000 $ pour mettre sur pied les infrastructures, a dit M. Hébert. Cet investissement permettrait d'économiser entre 1 million $ et 1,5 million $ en frais pour divers traitements.

Si le projet de loi est adopté, Héma-Québec pourra fournir les hôpitaux dans les prochains mois. La demande avait été formulée à Héma-Québec il y a deux ans par le milieu de la néonatalogie.

«C'est un projet que j'ai priorisé, a indiqué M. Hébert. Alors, pour moi, c'était extrêmement important d'être capable de compléter ce projet de loi et le déposer à l'Assemblée nationale pour le faire adopter le plus rapidement possible.»

Il y a 160 banques de lait en Europe et pas moins de 200 au Brésil seulement. Dans le reste du Canada, il en existe une à Calgary et une autre à Vancouver.

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