NOUVELLES

Le Canada se prépare à accueillir d'éventuels réfugiés syriens, dit Kenney

27/03/2013 04:24 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Ottawa se prépare au cas où l'on demanderait au Canada d'accueillir des réfugiés du conflit syrien, a indiqué mercredi le ministre fédéral de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme.

Jason Kenney a toutefois fait valoir qu'un programme de réinstallation des réfugiés à grande échelle ne résoudrait pas cette crise grandissante.

«Il s'agit ici de millions de personnes qui sont soit des réfugiés selon la Convention, soit des réfugiés non enregistrés ou des gens déplacés à l'intérieur de la Syrie», a-t-il déclaré aux médias mercredi, après une annonce sur l'accueil de réfugiés du Bhoutan. «Et si quelqu'un croit que l'on peut tout simplement emmener des gens par dizaines de milliers, il ne comprend pas la complexité de la situation», a lancé Kenney.

Le ministre a fait l'objet de critiques répétées de groupes canado-syriens et de défenseurs des réfugiés pour ne pas avoir mis en place une stratégie claire afin de répondre à la crise de réfugiés crée par la guerre civile syrienne, qui dure depuis deux ans.

Selon les Nations unies, plus d'un million de personnes ont quitté la Syrie depuis 2011, et ce nombre pourrait tripler si le conflit perdure.

M. Kenney a expliqué que des responsables de son ministère s'étaient récemment rendus en Jordanie et au Liban afin d'y examiner la situation des réfugiés syriens qui s'y trouvaient.

«Nous prévoyons le coup au cas où les Nations unies nous demanderaient, à nous et à d'autres pays, de participer à la réinstallation. Nous préparons déjà des plans de contingence», a expliqué le ministre.

Il a souligné que les Nations unies n'avaient pas encore fait de demande et que l'organisation n'avait aucunement indiqué qu'elle en ferait une.

M. Kenney a indiqué qu'il fallait actuellement se concentrer sur l'aide humanitaire, et a laissé entendre que le Canada pourrait y contribuer davantage.

Il a également averti que si un programme de réinstallation était mis en place, il serait strictement contrôlé, puisque plusieurs membres de l'armée et des forces de l'opposition ont participé à des actes de violence et ont «du sang sur les mains».

«Nous devrons faire très attention avec les enquêtes sur la sécurité et l'admissibilité de qui que ce soit à un tel programme» de réinstallation, a-t-il souligné.

Ceux qui critiquent la position du Canada se sont plaints de délais pour traiter les demandes de Syriens déjà au Canada qui veulent faire venir des membres de leur famille.

M. Kenney a rétorqué que les demandes en attente devraient être traitées d'ici le mois de mai.

Des milliers de personnes d'autres pays que la Syrie ont également été victimes de ce conflit. Le Canada a été forcé de fermer son bureau de visas à Damas, en Syrie, qui était responsable de traiter les demandes de statut de réfugié de milliers de demandeurs du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord. À cause de cette fermeture, le nombre de réfugiés accueillis au Canada l'an dernier a chuté en deçà des objectifs.

PLUS:pc