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La solution à Chypre risque d'être étendue à d'autres pays (lobby bancaire)

27/03/2013 11:14 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

L'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les principales banques de la planète, a estimé mercredi que la solution adoptée à Chypre risquait d'être appliquée à d'autres pays de la zone euro et mis en garde contre son impact sur la récession à Nicosie.

"Selon nous, les investisseurs seraient bien avisés de considérer la solution trouvée à Chypre (...) comme le reflet de la façon dont les futures tensions (dans la zone euro, ndlr) seront gérées", écrit l'IIF dans un rapport sur la zone euro.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a récemment créé une polémique en affirmant que la solution retenue à Chypre (faillite bancaire et mise à contribution des gros déposants et des créanciers) pourrait être retenue dans d'autres pays fragiles de la zone euro.

L'Institut indique toutefois "qu'il reste encore à voir" si cette nouvelle approche sera "généralisée" dans la zone euro.

L'IIF fait par ailleurs part de son profond scepticisme sur les effets économiques du plan adopté par la troïka des créanciers (FMI, Union européenne, Banque centrale européenne), qui prévoit également de prêter dix milliards d'euros au pays en contrepartie de mesures d'économies et de réformes politiques.

"La perte de richesse liée aux importantes pertes que les déposants devraient essuyer et la réduction forcée de la taille du secteur financier devraient provoquer une chute libre de l'économie" chypriote, a souligné l'IIF, assurant que la récession pourrait atteindre jusqu'à 20% entre 2013 et 2015.

Le lobby bancaire estime également qu'un des objectifs de ce plan --éviter un niveau de dette intenable-- semble difficilement atteignable et qu'un nouveau plan d'aide pourrait à terme s'avérer nécessaire.

Selon l'IIF, les créanciers de la troïka seront bientôt les principaux détenteurs de la dette chypriote et disposeront d'un statut préférentiel, "ce qui rend très improblable le fait que des investisseurs privés veuillent à nouveau acheter de la dette chypriote".

"D'importants risques demeurent, dès lors, qu'un nouveau plan d'assistance financière soit nécessaire après 2015, notamment si la remise en état du secteur bancaire s'avère plus lente que prévu", écrit l'IIF.

jt/sl/sam

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