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La Corée du Nord coupe son téléphone rouge militaire avec la Corée du Sud

27/03/2013 07:09 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT
AP
South Korean army K-55 self-propelled howitzers move during an exercise against possible attacks by North Korea in Pocheon, South Korea, near the border with North Korea, Wednesday, March 27, 2013. North Korea said Wednesday that it had cut off a key military hotline with South Korea that allows cross border travel to a jointly run industrial complex in the North, a move that ratchets up already high tension and possibly jeopardizes the last major symbol of inter-Korean cooperation. (AP Photo/Ahn Young-joon)

La Corée du Nord a annoncé mercredi que son armée coupait la ligne téléphonique d'urgence avec son homologue de la Corée du Sud, rompant ainsi le dernier lien direct entre les deux pays, une nouvelle étape dans la montée des tensions sur la péninsule où Pyongyang menace Séoul et les Etats-Unis d'une attaque nucléaire.

Peu avant, le Nord avait annoncé la tenue d'une réunion au plus haut niveau de ses dirigeants, avant fin mars, pour décider de questions "importantes", et promis un "tournant capital".

"A partir de maintenant, toutes les communications militaires Nord-Sud sont coupées", a indiqué l'agence de presse gouvernementale nord-coréenne KCNA, citant un haut responsable militaire.

"Dans une situation où une guerre peut éclater à tout moment, il n'est plus besoin de maintenir" ces communications, a ajouté ce responsable. La ligne sera suspendue "aussi longtemps que dureront les actes hostiles et anachroniques du Sud".

A la mi-mars, le Nord avait interrompu le téléphone rouge entre Pyongyang et Séoul, lien de communication entre les gouvernements en cas d'urgence, qui datait de 1971. Cette ligne avait auparavant été suspendue à cinq reprises par le Nord.

La ligne militaire suspendue mercredi servait également à organiser les mouvements de transports et de biens sur le complexe industriel de Kaesong, seule entité gérée par les deux pays et créée en 1984 comme symbole de la coopération transfrontalière.

Depuis début mars et l'adoption de nouvelles sanctions par l'ONU à l'égard de Pyongyang, la Corée du Nord a musclé encore un peu plus sa rhétorique belliqueuse, menaçant régulièrement Séoul et son allié Washington de "frappes stratégiques" et de "guerre totale".

Les sanctions de l'ONU étaient une riposte au test nucléaire conduit le 12 février par le Nord. Les tensions sur la péninsule avaient déjà grimpé d'un cran début décembre, après le tir réussi d'une fusée par Pyongyang, un acte interdit par les sanctions de l'ONU prises précédemment.

Mercredi matin, KCNA, qui transmet les communiqués des instances dirigeantes, a indiqué que le comité central du Bureau politique du parti communiste tiendra une session plénière avant la fin du mois pour "discuter et décider de questions importantes, pour l'avancée victorieuse de la révolution coréenne".

Cette réunion marquera également "un tournant capital" dans l'accomplissement du Juche, l'idéologie nord-coréenne qui repose notamment sur l'autosuffisance économique.

Le Comité du Nord pour la réunification pacifique de la Corée, une agence gouvernementale chargée de la propagande, s'en est prise également à la nouvelle présidente sud-coréenne, Park Geun-Hye, qui avait averti le Nord qu'il courait à sa perte s'il continuait son programme nucléaire.

"Si elle continue sur la voie de la confrontation, (...), elle ne rencontrera que la ruine", a affirmé le Comité.

Des experts en Corée du Sud estiment que Pyongyang arrive au bout de ses menaces et de ses invectives, sans provoquer l'effet escompté, à savoir obtenir de la communauté internationale qu'elle retourne à la table des négociations selon les modalités du Nord.

"Ils placent toujours plus haut la barre de la rhétorique, mais la communauté internationale ne réagit pas comme ils l'espéraient", avance Cho Han-Bum, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale.

Selon lui, la prochaine réunion du Bureau politique cherchera à "maintenir la pression" via des gestes symboliques. "Je prévois une résolution qui accroîtra encore le niveau d'alarme, comme par exemple une alerte maximale étendue à l'ensemble du pays, au-delà de l'armée", placée mardi en alerte +prête au combat+ dit-il.

Washington s'est dit "préoccupé par toute menace brandie par les Nord-Coréens" et est "prêt à répondre à toute éventualité".

Dans ce contexte explosif, le jet d'une grenade par un soldat sud-coréen à la frontière, mercredi avant l'aube, a provoqué une mise en alerte côté Sud, de courte durée.

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