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Jordanie: inculpation de cinq étudiants soupçonnés de satanisme

27/03/2013 08:25 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

La justice militaire a inculpé mercredi pour "incitation à la division confessionnelle et doctrinale" cinq étudiants universitaires accusés d'avoir profané un coran et de s'être livré à "l'adoration de Satan", selon une source judiciaire.

Le parquet "de la Cour de sécurité de l'Etat a inculpé les cinq étudiants pour incitation à la division confessionnelle et doctrinale", a indiqué à l'AFP un responsable de la Cour sans fournir plus de détails.

S'ils sont reconnus coupables, les étudiants risquent jusqu'à trois ans de prison, selon la législation jordanienne.

Cette inculpation intervient alors que Human Rights Watch (HRW) a appelé plus tôt mercredi la Jordanie à inculper ou à libérer les cinq étudiants qui ont nié les charges retenues contre eux, dans un communiqué publié sur son site internet.

Les étudiants de l'université d'Al-Bayt, dans le nord-est de la Jordanie ont été attaqués par une foule d'autres étudiants avant leur arrestation le 12 mars, selon la même source.

"Les autorités jordaniennes devraient libérer (les) cinq étudiants et entreprendre les démarches pour assurer leur protection" face à de futures attaques, a affirmé Eric Goldstein, directeur-adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord.

"Les autorités devraient exiger des comptes de la part de quiconque a participé à cette chasse aux sorcières et a commis des actes de violences. Ils ne devraient pas être autorisés à circuler librement quand leurs victimes sont emprisonnées", a-t-il ajouté.

Selon l'ONG, des étudiants ont accusés les cinq détenus d'avoir déchiré et brûlé un exemplaire du coran avant de le jeter dans la cuvette des toilettes, tout en pratiquant "un rituel religieux".

HRW cite des proches des cinq étudiants affirmant cependant qu'aucune preuve de comportement criminel n'avait été présentée à l'encontre des détenus.

"Les autorités devraient également enquêter sur des déclarations rapportées, notamment celles d'un célèbre prédicateur salafiste ayant appelé à la mort des étudiants", selon l'ONG.

Ces déclarations "ont conduit à d'autres appels au meurtre des étudiants, dans des messages publiés sur Facebook (...) suscitant des inquiétudes pour leur sécurité et des doutes concernant leur capacité à finir leurs études universitaires en Jordanie", selon le communiqué.

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