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Le discours intégral du futur pape François avant le conclave

27/03/2013 01:52 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT
AP
Pope Francis waves to crowds as he arrives to his inauguration Mass in St. Peter's Square at the Vatican, Tuesday, March 19, 2013. (AP Photo/Gregorio Borgia)

Voici le texte intégral de l'intervention de Jorge Mario Bergoglio devant le conclave des cardinaux avant d'être élu pape quelques jours plus tard. Le discours a été révélé, avec l'accord du pape François, par le cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, et publié sur le site de l'Eglise catholique cubaine iglesiacubana.org (traduction AFP).

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1. Evangéliser suppose le zèle apostolique. Evangéliser suppose pour l'Eglise l'audace de sortir d'elle-même. L'Eglise est appelée à sortir d'elle-même pour aller vers les périphéries, non seulement géographiques, mais aussi les périphéries existentielles: celles du mystère du péché, celles de la douleur, celles de l'injustice, celles de l'ignorance et de l'absence religieuse, celles de la pensée, celles de toute misère.

2. Quand l'Eglise ne sort pas d'elle-même pour évangéliser, elle devient "auto-référente" et alors tombe malade. Les maux qui, au fil du temps, ont touché les institutions religieuses ont leurs racines dans l'auto-référence, une sorte de narcissisme théologique.

Dans l'Apocalypse, Jésus dit qu'il est à la porte et appelle. Evidemment, le texte se réfère à ce qu'il appelle de l'extérieur pour entrer... Mais je pense à toutes les fois où Jésus frappe depuis l'intérieur pour que nous le laissions sortir. L'Eglise auto-référente porte Jésus Christ à l'intérieur et ne le laisse pas sortir.

3. L'Eglise, quand elle est auto-référente, sans s'en rendre compte, croit tenir sa propre lumière. Elle cesse d'être "mysterium lunae" et donne naissance à ce mal si grave qu'est la mondanité spirituelle (selon de Lubac - Henri de Lubac, cardinal jésuite français 1896-1991, NDLR - le pire mal qui puisse arriver à l'Eglise). C'est vivre pour s'apporter la gloire les uns aux autres.

Pour simplifier, il y a deux images de l'Eglise: l'Eglise évangélisatrice qui sort d'elle-même, la "Dei verbum religiose audiens et fidenter proclamans", ou l'Eglise mondaine qui vit en elle-même, d'elle-même et pour elle-même.

Ceci doit apporter la lumière pour les changements et réformes possibles qu'il faut réaliser pour le salut des âmes.

4. (A propos du prochain pape:) un homme qui, depuis la contemplation de Jésus Christ et l'adoration de Jésus Christ aide l'Eglise à sortir d'elle-même vers les périphéries existentielles, qui l'aide à être la féconde mère qui vit de "la douce et réconfortante joie de l'évangélisation".

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