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Des chercheurs découvrent de nouveaux facteurs de risque pour le cancer

27/03/2013 10:01 EDT | Actualisé 27/05/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une importante étude internationale impliquant plus de 100 institutions et des tests génétiques effectués sur 200 000 personnes a permis de révéler des dizaines de signes indicatifs, au sein de l'ADN, qui aident à obtenir plus d'informations sur les risques de cancers du sein, des ovaires ou de la prostate, ont rapporté des scientifiques, mercredi.

Il s'agit de la plus récente collaboration de grande envergure à en apprendre davantage sur les mécanismes complexes qui mènent au cancer. Et alors que cette percée puisse sembler importante sous plusieurs aspects, le résultat potentiel pour les gens ordinaires consiste majoritairement en ceci: un jour, il pourrait exister des tests génétiques pour aider à identifier les femmes qui auraient le plus à gagner d'une mammographie, et les hommes qui pourraient le mieux bénéficier d'examens et de biopsies de la prostate.

Plus loin encore dans l'avenir, ces indices génétiques pourraient mener à de nouveaux traitements.

Une analyse laisse entendre que chez les hommes dont l'historique familial leur donne un risque de cancer de la prostate d'environ 20 pour cent, de tels marqueurs génétiques pourraient identifier ceux dont le véritable facteur de risque est de 60 pour cent.

Ces marqueurs pourraient également représenter une différence pour les femmes possédant les mutations génétiques BRCA, qui font augmenter leurs risques de cancer du sein. Les chercheurs pourraient être en mesure de différencier celles dont les risques dépassent 80 pour cent de celles dont les risques varient entre 20 et 50 pour cent.

Selon un médecin, cela pourrait également signifier que certaines femmes choisiraient de garder un oeil sur les développements de tumeurs plutôt que de choisir de se faire retirer un sein non touché.

Au dire de l'un des auteurs, Douglas Easton de l'Université Cambridge, les scientifiques avaient déjà découvert des marqueurs de risque pour les trois maladies par le passé, mais les nouvelles découvertes font doubler le nombre de facteurs sur la liste.

Le professeur Jacques Simard, oncologue de l'Université Laval, précise que 49 nouvelles variations génétiques ont été mises au jour.

La moitié des échantillons de cette étude, soit plus de 100 000, ont été analysés à Montréal, au Centre d'innovation Génome Québec et à l'Université McGill. La Fondation du cancer du sein du Québec a par ailleurs déboursé 1,5 million $ pour aider à financer cette étude. Les Instituts de recherche en santé du Canada ont également contribué à l'effort financier.

Des experts non liés au projet affirment que les travaux sont encourageants, mais que des démarches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer à quel point les marqueurs génétiques seraient utiles pour encadrer les soins aux patients.

Le cancer du sein est la maladie maligne la plus répandue chez les femmes de partout sur la planète, avec plus d'un million de nouveaux cas par année. Le cancer de la prostate est le deuxième plus fréquent chez les hommes, après celui des poumons, avec environ 900 000 nouveaux cas à chaque année. Le cancer des ovaires représente quant à lui approximativement 4 pour cent de tous les cancers féminins, soit environ 225 000 cas à l'échelle mondiale.

Pour identifier les marqueurs, les chercheurs ont réussi à découvrir d'infimes variations dans les trois milliards de «lettres» du code génétique qui sont associées à des risques de développer la maladie.

M. Easton précise qu'en les examinant individuellement, les 49 nouveaux marqueurs n'ont qu'un faible impact sur les estimations de risque. Ils doivent plutôt être combinés et voir leurs effets ajoutés à ceux des marqueurs déjà connus pour aider à révéler le taux de risque d'une personne.

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