POLITIQUE

Le ministre des Affaires autochtones chahuté à Winnipeg

27/03/2013 04:02 EDT | Actualisé 26/05/2013 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

Une annonce du ministre fédéral Bernard Valcourt, responsable des Affaires autochtones et du Développement du Nord, a été abruptement interrompue mercredi, à Winnipeg.

Le ministre était de passage dans la capitale manitobaine pour annoncer que le projet de loi C-27 sur la transparence financière des Premières Nations devenait une loi en bonne et due forme. Au cours de son allocution, un homme se faisant appelé Dancing Bear (« Ours dansant ») s'est mis à tousser bruyamment, en prononçant des paroles à mi-mot chaque fois.

Au moment où Phyllis Sutherland, un membre de la Première Nation Peguis qui appuie la loi, allait prendre la parole, Dancing Bear s'est mis à frapper sur un tambour. L'annonce a alors rapidement pris fin et le personnel de sécurité du ministre a escorté M. Valcourt hors de la salle.

Le ministre Valcourt a ensuite tenté de poursuivre son allocution dans le corridor, mais a de nouveau été insulté par Dancing Bear, ce qui l'a poussé à s'exclamer, en français : « Ah non! Il est encore là, lui? Y'a-tu moyen de se débarrasser de lui? »

Dancing Bear a continué sa tirade, traitant en anglais le politicien et son gouvernement de « porcs fascistes », de « ministre de la propagande » et « d'oppresseur », tandis que M. Valcourt répondait aux questions des journalistes.

Dans le couloir, Colin Craig, président de la section Prairies de la Fédération canadienne des contribuables, s'est engagé dans une joute verbale avec l'avocate Pam Palmater, qui appuie le mouvement de revendication autochtone Idle No More.

La Fédération, qui milite pour une gestion plus stricte et imputable des fonds publics, réclamait depuis trois ans une loi pour exiger des Premières Nations qu'elles rendent publics leurs états financiers et y annexent un compte rendu des salaires et des dépenses des chefs et conseillers de bande.

Le dépôt du projet de loi C-27 faisait suite à une étude de la Fédération qui révélait que plus de 160 membres de conseils de bande recevaient un salaire plus élevé que celui d'un premier ministre provincial et que 50 d'entre eux gagnaient même davantage que le premier ministre du Canada.

La militante Pam Palmater a fait valoir auprès M. Craig que de nombreux citoyens n'appuyaient pas ce projet de loi.