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Arabie: les accusations d'espionnage contre des chiites contestées

27/03/2013 04:46 EDT | Actualisé 26/05/2013 05:12 EDT

Quelque 135 personnalités chiites saoudiennes, dont 36 religieux, ont contesté mercredi les accusations d'espionnage au profit de l'Iran portées par les autorités contre seize de leurs coreligionnaires.

Ces personnalités ont demandé, dans une pétition, la libération des 16 chiites arrêtés en même temps qu'un Iranien et un Libanais et accusés mardi d'avoir des "liens directs avec les services de renseignement iraniens".

Elles ont mis en garde contre "le recours à l'argument confessionnel pour régler des disputes politiques avec l'extérieur ou détourner l'attention de l'opinion publique des demandes de réformes à l'intérieur".

La minorité chiite saoudienne, qui se concentre dans l'est du pays, se plaint d'être discriminée. Elle a été agitée en 2011 et 2012 par un mouvement de contestation pendant lequel une dizaine de personnes ont été tuées.

Selon ces personnalités, les personnes arrêtées sont de "bons citoyens qui ont des compétences scientifiques et des positions sociales respectables".

Un professeur d'université, un médecin et un cadre bancaire figurent parmi les personnes arrêtées, selon des activistes de la minorité chiite saoudienne.

Selon Ryad, ces personnes formaient une cellule d'espionnage au profit de l'Iran, et étaient rémunérées pour des "informations et de documents sur des sites importants" en Arabie saoudite transmises aux services iraniens.

L'Iran a nié toute implication dans cette affaire, son ministère des Affaires étrangères assurant qu'il s'agit d'une "affirmation sans fondement et d'un scénario répétitif, sans aucune base (...) et à usage interne".

L'implication de l'Iran est étayée par "des preuves matérielles" et "les aveux des accusés", a répliqué un porte-parole saoudien mardi.

L'Arabie saoudite et les autres monarchies arabes du Golfe, dirigées par des dynasties sunnites, soupçonnent l'Iran chiite d'alimenter la tension parmi leurs communautés chiites, notamment à Bahreïn, secoué par des troubles récurrents depuis deux ans.

bur/mh/hj

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