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L'opposition obtient le siège de la Syrie au sommet arabe

26/03/2013 05:50 EDT | Actualisé 26/05/2013 05:12 EDT

L'opposition syrienne a obtenu le siège de la Syrie à l'ouverture du sommet arabe mardi à Doha, accentuant l'isolement de Damas qui refuse de plier à la révolte intérieure et aux pressions extérieures.

L'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, a invité le chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Moaz Al-Khatib, et le Premier ministre intérimaire Ghassan Hitto à siéger aux côtés des chefs d'Etats arabes, ce qu'ils ont fait sous les applaudissements.

Le drapeau de la révolution syrienne a remplacé celui du régime de Damas dans la salle où s'est ouvert ce rendez-vous annuel des chefs d'Etat arabes.

Dans son discours, l'émir du Qatar a appelé à "une solution politique en Syrie, à condition qu'elle n'implique pas un retour en arrière", excluant ainsi le maintien du régime de Bachar al-Assad.

Il a justifié l'octroi du siège de la Syrie, resté vacant depuis sa suspension en novembre 2011, à l'opposition par "la légitimité dont elle jouit en Syrie et du soutien dont elle bénéficie à l'extérieur".

La Coalition nationale a été reconnue comme la représentante légitime du peuple syrien par des dizaines de pays et d'organisations internationales.

Le sommet de deux jours se déroule en l'absence, pour des raisons de santé, de ténors du monde arabe, dont le roi Abdallah d'Arabie saoudite, l'un des principaux parrains de l'opposition au régime de Bachar al-Assad, et du chef d'Etat irakien Jalal Talabani, président du sommet sortant.

C'est le Qatar, hôte du sommet, qui a fait pression pour donner à la Coalition le siège de la Syrie, après d'ultimes tractations inter-arabes sur fond de tiraillements internes au sein de cette Coalition, marqués notamment par la valse-hésitation de son président, Ahmed Moaz al-Khatib.

Dans une résolution adoptée le 6 mars au Caire, les ministres arabes des Affaires étrangères ont appelé l'opposition syrienne à "former une instance exécutive pour occuper le siège de la Syrie à la Ligue arabe", resté vacant depuis la suspension de Damas en novembre 2011.

Mais l'Irak et l'Algérie ont émis des réserves et le Liban s'y est dissocié.

Damas a tiré à boulets rouges contre la Ligue arabe et le Qatar pour avoir, selon le journal officiel As-Saoura lundi, "accordé le siège volé à la Syrie à des brigands et à des voyous".

- Fonds al-Qods -

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Outre le conflit syrien qui, en plus de deux ans a fait plus de 70.000 morts, un million de réfugiés et quatre millions de déplacés, le sommet doit évoquer le processus de paix au Proche-Orient, dans l'impasse depuis deux ans.

L'émir du Qatar a proposé la tenue au Caire d'un mini-sommet arabe pour sceller une réconciliation entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le mouvement Hamas qui contrôle la bande de Gaza. Il a aussi préconisé la création d'un fonds Al-Qods d'un milliard de dollars dont le quart à la charge de Doha.

Pour relancer ce processus, le sommet devrait charger une délégation ministérielle, conduite par le Qatar, pour mener des consultations avec le Conseil de sécurité de l'Onu, les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et la Chine, a indiqué à l'AFP une source diplomatique arabe.

L'objectif es de "s'entendre sur des mécanismes et un calendrier pour des négociations sérieuses" sur un règlement du conflit a ajouté la même source en citant une recommandation de la réunion préparatoire du sommet.

Les pays arabes devraient être invités à honorer leur engagement, pris l'an dernier, d'assurer un "filet de sécurité" de 100 millions de dollars par mois à l'Autorité palestinienne, en proie à de graves difficultés budgétaires.

Le sommet doit se pencher sur une redynamisation de la Ligue qui, créée en 1945, reste minée par ses divisions internes.

Soumis à des pressions croissantes depuis le début du Printemps arabe, les pays arabes ont décidé au terme d'un sommet économique en janvier de finaliser, avant la fin 2013, la mise en place de la Grande zone franche arabe, approuvé en 1998 avec l'espoir d'éliminer progressivement les barrières douanières et de créer à terme un marché commun.

bur/tm/hj

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