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Egypte: un opposant accusé d'incitation à la violence relâché "temporairement"

26/03/2013 12:13 EDT | Actualisé 26/05/2013 05:12 EDT

Un célèbre militant égyptien pro-démocratie et opposant aux Frères musulmans, Alaa Abdel Fattah, a été "relâché temporairement" après s'être rendu à la justice qui l'accuse d'"incitation à la violence", selon une source judiciaire.

Le militant était arrivé il y a quelques heures au Parquet qui avait ordonné son arrestation, accompagné de son épouse et son fils tandis que des dizaines de ses sympathisants scandaient: "A bas le pouvoir du Guide" suprême des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi.

Dans un tweet envoyé pendant son interrogatoire, il a indiqué avoir "refusé de répondre à toutes les questions car le procureur général n'est pas impartial", en ajoutant que le mettre en prison serait "le summum de la mascarade".

M. Abdel Fattah a en effet affirmé que l'enquête ne concernait pas un tweet qu'il aurait écrit mais qui lui a été envoyé.

"J'ai décidé d'aller au Parquet parce que je n'exposerai pas ma femme, mon fils et ma maison à une humiliation par la police si elle décide de mettre en application le mandat d'amener", avait-il dit la veille sur son compte Twitter.

Deux des cinq militants de l'opposition sous le coup d'un mandat d'amener du Parquet ont annoncé qu'ils ne se rendraient pas car ils ne reconnaissent pas la légitimité du Procureur général, Talaat Abdallah, nommé par M. Morsi.

Les cinq hommes --Alaa Abdel Fattah, Ahmed Douma, Karim el-Chaer, Hazem Abdel Azim et Ahmed Eid-- sont accusés "d'incitation à la violence" en lien avec les violences de vendredi entre manifestants et islamistes devant le siège des Frères musulmans. Ils ont aussi interdiction de quitter le pays.

Ces violences, dont les deux bords se rejettent la responsabilité, ont contribué à aggraver la crise, jalonnée d'épisodes violents, qui dure depuis des mois entre l'opposition et le pouvoir.

M. Morsi a menacé dimanche de prendre des mesures contre les hommes politiques qui seraient responsables des heurts.

"On peut s'attendre au pire. Les menaces de Morsi signifient la mort de l'Etat de droit. Il démontre qu'il est le président des Frères musulmans seulement", a déclaré Khaled Daoud, porte-parole du Front du salut national, la principale coalition de l'opposition.

L'opposition dénonce une dérive autoritaire de M. Morsi, également accusé d'être incapable de faire face à la grave crise économique et sociale.

Les partisans du chef de l'Etat font valoir qu'il est le premier président civil et démocratiquement élu du pays, et accusent l'opposition de chercher à jouer sur la rue pour masquer sa faiblesse politique.

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