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Chypre: "Effort surhumain" pour rouvrir les banques (Banque centrale)

26/03/2013 12:56 EDT | Actualisé 26/05/2013 05:12 EDT

Les autorités chypriotes sont engagées dans des "efforts intenses" selon le gouvernement, "surhumain" selon la banque centrale, pour permettre la réouverture jeudi des banques, fermées depuis le 16 mars afin d'éviter une fuite des capitaux.

"Un effort surhumain est engagé pour que les banques ouvrent jeudi", a déclaré le gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, lors d'une conférence de presse à Nicosie.

Avant lui, le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides, a évoqué "des efforts intenses" dans une déclaration à la presse, alors que toutes les banques de l'île sont fermées et tous les virements via internet impossibles.

"Chaque jour où le système bancaire est fermé, la confiance des gens baisse et ils veulent retirer leur argent, alors nous sommes obligés d'imposer des restrictions" aux mouvements de capitaux dans toutes les banques, a expliqué M. Demetriades, tout en assurant qu'elles ne seraient pas très sévères.

La principale difficulté reste cependant la nécessité d'assurer la solidité de la première banque du pays, la Bank of Cyprus, dont les comptes dépassant 100.000 euros vont subir une importante ponction.

"Nous sommes en train d'essayer de sauver la Bank of Cyprus et de la recapitaliser pour la rendre plus forte qu'avant, parce qu'elle était dans une position difficile", a expliqué M. Demetriades.

Il a confirmé que la ponction sur les gros comptes de la Bank of Cyprus serait de l'ordre de 40%, comme avancé plus tôt par le ministre des Finances, Michalis Sarris.

MM. Sarris et Demetriades ont défendu l'accord signé lundi à l'aube à Bruxelles avec les bailleurs de fonds internationaux, qui prévoit une restructuration drastique du système bancaire en contrepartie d'un plan de sauvetage de 10 milliards d'euros.

"Si l'accord n'avait pas été signé lundi, Chypre aurait déjà fait faillite", a insisté M. Demetriades, estimant que le plan de sauvetage représentait "un espoir de reprise" pour l'île.

"Une sortie de Chypre de la zone euro aurait été désastreuse sur un plan économique et politique, une catastrophe totale. Nous ne voulons même pas l'imaginer", a insisté M. Sarris.

Le ministre a prévenu que l'activité économique de Chypre allait connaître une "baisse sérieuse", mais que l'île pouvait compter sur les investissements dans l'énergie et dans les réserves de gaz naturel récemment découvertes au large de ses côtes.

"Chypre va rebondir", a assuré M. Sarris.

En attendant, le président Nicos Anastasiades va nommer une commission composée d'experts, de députés et de ministres pour faire face à la crise, et a prévu une réunion mercredi pour essayer de faire baisser le prix de l'électricité, très élevé sur l'île.

Et alors que le président conservateur a succédé il y a moins d'un mois au communiste Demetris Christofias, le gouvernement a promis de mettre en place une commission chargée d'établir responsabilités dans la crise.

"Le gouvernement (...) retournera toutes les pierres pour identifier les responsables de cette tragédie économique sans précédent", a prévenu M. Stylianides.

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