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Chypre: démission du président de Bank of Cyprus, la première banque du pays

26/03/2013 07:41 EDT | Actualisé 26/05/2013 05:12 EDT

Le président de Bank of Cyprus, la principale banque du pays, Andreas Artemis, a démissionné mardi dans la foulée du plan de sauvetage conclu entre Chypre et les bailleurs de fonds internationaux, prévoyant la restructuration du secteur bancaire.

Parallèlement, environ 200 employés de Bank of Cyprus inquiets pour leur avenir ont manifesté mardi devant le siège de la Banque centrale à Nicosie, avant de se rendre au siège de leur banque, où ils ont été reçus par un haut responsable.

Selon l'agence chypriote CNA, M. Artemis a remis sa démission, qui devait être transmise au Conseil d'administration.

Chypre a conclu lundi avec les bailleurs de fonds un accord prévoyant une restructuration drastique de son secteur bancaire en contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros pour sauver l'île de la faillite.

La deuxième banque du pays, Laiki banque, va disparaître, et les comptes de la Bank of Cyprus dépassant 100.000 euros vont subir une importante ponction.

Selon des sites internet chypriotes, M. Artemis a démissionné pour dénoncer les modalités d'absorption de Laiki Bank par Bank of Cyprus, la vente des succursales en Grèce et la décision de la Banque centrale de désigner un administrateur chargé de restructurer Bank of Cyprus, Dinos Christofides, sans en informer le Conseil d'admnistration.

Les banques de Chypre sont fermées et tous les virements via internet bloqués depuis le 16 mars pour éviter une fuite des capitaux et la Banque centrale a fait était mardi d'"efforts surhumains" pour qu'elles puissent rouvrir jeudi.

Agitant des pancartes proclamant "Disgrâce" et "Trahison", environ 200 employés des 3.200 employés de la Bank of Cyprus sur l'île se sont rassemblés devant le siège de la Banque centrale.

"Nous sommes là pour apporter tout notre soutien aux dirigeants de la Bank of Cyprus pour qu'ils gardent le contrôle de la banque. Nous ne voulons pas quelqu'un de l'extérieur qui prenne des décisions pour nous sans nous consulter", a déclaré une manifestante, Soderoula Papaiohanou.

"Je suis aussi une contribuable européenne", a fait valoir Roula Dionysiou, une ancienne employée de 53 ans. "Il n'y a pas que les banques qui soient punies, il y a les gens qui travaillent pour les banques, et l'ensemble de Chypre, toute l'infrastructure liée au système bancaire".

Dans un communiqué, la Banque centrale a réaffirmé que l'administrateur n'avait pas été désigné pour liquider Bank of Cyprus, comme c'est le cas pour Laiki, mais pour mettre en oeuvre la procédure de recapitalisation.

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