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Un passage express pour le quatuor Alt-J à Montréal (ENTREVUE)

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Alt-J. | PA

La formation britannique Alt-J, récipiendaire du Mercury Prize en novembre dernier, a offert une courte, mais brillante prestation dans un Théâtre Corona plein à craquer hier soir à Montréal. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec le guitariste et bassiste du groupe, Gwil Sainsbury quelques heures avant leur performance. Résumé de cet entretien ici.

Q. Il y a un énorme buzz Alt-J depuis quelques mois à Montréal. Comment expliquez-vous ce succès chez nous?

R. J’avoue que je ne le comprends pas vraiment, mais l’on ne peut pas du tout s’en plaindre! Il y a un an, personne ne savait qui on était vraiment. On ne s’attendait à rien de tout cela, du moins, pas au tout début. Lorsqu’on a lancé cet album, on se disait qu’il s’agissait d’un résultat très underground. Je pensais qu’on pourrait faire le tour de la Grande-Bretagne, peut-être jouer en Europe un peu, mais jamais plus… On ne pensait pas à Montréal du tout, on ne pensait pas être toujours sur la route!

La dernière fois que nous sommes venus à Montréal, nous avons joué le plus ‘gros’ concert que l’on avait jamais joué! C’était…surprenant!

Q. An Awesome Wave a été leur meilleur album de plusieurs Montréalais en 2012. Quel a été votre disque préféré des douze derniers mois?

R. Ah ! Tellement difficile de répondre! Je vais répondre pour moi. Je pense que je dirais Hot Chip. L’album a eu un excellent accueil des médias et j’ai été vraiment impressionné par In Our Heads. Cet album est…parfait! La production est incroyable, le son est bon. Je ne sais pas comment cela a projeté Hot Chip, mais à mes yeux, ils ont atteint un niveau supérieur grâce à cet effort.

Q. Vous avez remporté le prestigieux Mercury Prize en novembre dernier. Qu’est-ce que cela représente pour vous?

R. Ce n’était pas du tout ce que l’on avait prévu, du moins, ce que l’on avait imaginé dans notre cheminement pour l’instant. Pour nous, le Mercury Prize signifie un important apport à la musique versus une importante reconnaissance. Bref, ce n’était pas pour nous une question de «on le veut, ce prix»… Pour nous, ce n’était pas quelque chose d’important en soi.

Et là, on a gagné, et ensuite, on ne réalisait pas. (Rires) On est monté sur la scène. On nous a mis un microphone dans les mains, puis, on a passé une porte, il y avait une conférence de presse avec une tonne de journalistes, des caméras et tout plein de photos. Je ne me souviens pas trop de tout ça… J’ai quelques flashs en tête, c’est un peu flou et c’était tellement comment dire, in your face

Q. Ressentez-vous davantage de pression en regard au deuxième album en raison de prix ?

R. Je crois qu’on peut voir cela sous deux perspectives. D’un côté, je pense que cela nous donne beaucoup plus de sécurité. Notre premier album a eu une bonne réponse, nous avons remporté des prix, cela nous a placés dans une excellente position et nous ne nous en attendions pas. Donc, honnêtement, je crois que la pression tombe un peu. Après, bien sûr, il y aura l’attente des fans, mais j'ai l'impression que la pression sera différente.

Q. Alt-J n’a pas de ligne directrice musicale parfaitement définie. Qu’est-ce qui vous inspire?

R. Pour être honnête, je pense que nos inspirations proviennent de chacun de nous! Je crois que l’on n’a pas clairement discuté de ce que l’on créait quand on a commencé à faire de la musique ensemble à Leeds. C’est juste arrivé comme ça, sans démarche, sans discussion! Nous n’avons pas de théorie de «comment faire de la musique». Les gens s’intéressent à nous et c’est super! Pour ma part, je ne pensais pas que les gens aimeraient! Moi, j’aimais, mais je ne pensais pas nécessairement que les gens aimeraient! (Rires)

Et surtout, on ne s’est jamais dit: «Ok, faisons un beat un peu comme lui ou comme elle». Tout a toujours été fait très naturellement. Et on s’est toujours nourri par nous-mêmes, par ce que chacun apportait avec son instrument.

Q. Lorsque vous avez commencé à faire de la musique, trois de vous étudiaient en arts à la University of Leeds. Pensez-vous que vous auriez été heureux dans ce domaine? Étiez-vous heureux là-dedans?

R. C’est difficile pour nous de répondre à cette question, on ne sait jamais! Je crois que j’aurais toujours fait de la musique… J’étais heureux d’étudier en arts, j’adorais. Et je crois que je serais probablement encore heureux, mais dans tous les cas, je crois que tout est arrivé au bon moment pour nous!

Q. Vous travaillez sur la trame sonore du film Leave to Remain de Toby Jones. Où en êtes-vous dans le processus?

R. Je ne sais pas jusqu’à quel point je peux donner des détails sur le projet pour le moment. Il nous restera quelques modifications à faire, nous allons passer chaque scène du film, une par une, pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

C’est notre première production et l’on se rend compte que c’est possiblement plus facile de travailler sur une bande sonore que sur notre propre musique. C’est beaucoup plus spécifique, c’est un peu plus fluide dans l’ensemble et on a une direction donnée à l’avance. C’est un défi différent, mais franchement, très intéressant!

Alt-J sera de retour à Montréal lors du festival Osheaga qui se tiendra du 2 au 4 août prochain au Parc Jean-Drapeau. Pour plus de détails, cliquez ici.

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