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Violences en Égypte: des mandats d'arrêt ont été émis contre des opposants

25/03/2013 01:20 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Après que le président de l'Égypte eut juré de sévir, le procureur en chef du pays a ordonné, lundi, la mise aux arrêts de cinq éminents militants en lien avec les affrontements violents qui ont éclaté la semaine dernière entre Frères musulmans et manifestants.

Plus tôt en journée, la justice égyptienne avait convoqué plusieurs politiciens et militants de l'opposition afin de les interroger au sujet de leur rôle présumé dans ces actes de violence, commis vendredi contre les membres des Frères musulmans, le parti du président Mohammed Morsi.

Les convocations avaient été annoncées une journée après que M. Morsi eut prévenu ses détracteurs qu'il pourrait avoir recours à des mesures d'urgence, dont il n'avait alors pas précisé la nature exacte, pour protéger le pays.

Criant et tapant du poing sur la table, le président en colère avait promis dimanche de demander des comptes aux politiciens coupables d'avoir fomenté les incidents violents, durant lesquels des membres des Frères musulmans se sont battus avec des manifestants à l'extérieur du siège social de la formation au Caire.

Les affrontements, les pires à survenir entre les Frères musulmans et leurs opposants en trois mois, ont fait près de 200 blessés.

Des militants pour la défense des droits individuels, de même que l'opposition, ont prévenu que ces mandats d'arrestation pourraient aggraver les tensions et prolonger la plus récente crise politique à ébranler l'Égypte depuis la fin du régime de l'ancien président d'Hosni Moubarak, il y a deux ans. Ils ont accusé le procureur, choisi tardivement l'an dernier par le président Morsi, d'avoir fait fi de la violence faite aux manifestants par les partisans du président égyptien.

Les mandats d'arrêt ont été issus à l'endroit de cinq militants qui étaient aux premiers rangs du printemps arabe, en 2011, et de la mobilisation qui a suivie contre le régime militaire qui a tenu le pays pendant près de 17 mois. Le blogueur Alaa Abdel-Fattah, incarcéré pendant deux mois en 2011 pour son rôle présumé dans une attaque contre des soldats réprimant avec violence un soulèvement, figure parmi les personnes visées.

Au moins 70 personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées depuis le début des présents troubles à la fin du mois de janvier.

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