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Une marche d'autochtones entreprise en janvier au Nunavik se conclut à Ottawa

25/03/2013 05:57 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Pas à pas, la longue marche d'un groupe d'autochtones de la communauté crie du Nord du Québec s'est conclue lundi après-midi sur la colline parlementaire, à Ottawa, après un périple de plus de 1500 km.

Leur aventure, entreprise il y a plus de deux mois, ne leur a pas valu une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, absent pour assister à l'arrivée en sol canadien de deux pandas chinois. Ce qui a fait dire à l'opposition que les priorités du gouvernement sont mal placées.

Cette marche en raquettes de membres de la Première Nation de Whapmagoostui, dans le territoire d'Eeyou Istchee, au Nunavik, se voulait un acte de soutien au mouvement «Idle No More», inspiré par la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence.

Une poignée de personnes ont entrepris la marche dès le début — le groupe des sept — mais plusieurs autres se sont greffées à elles au long du périple, malgré les conditions météorologiques qui ont parfois été extrêmement difficiles.

Plusieurs dizaines de participants, essentiellement des jeunes, sont arrivés à Ottawa lundi, accueillis sur la colline parlementaire par une foule de quelques milliers de personnes.

«J'ai fait cette marche pour ma propre guérison, en pensant à tous les défis que j'allais rencontrer dans ma vie», a lancé l'un des marcheurs du groupe des sept, Raymond Kawapit, dans sa langue maternelle autochtone.

Geordie Rupert, qui a marché chaque kilomètre entre sa communauté du Grand Nord et la capitale nationale, a éclaté en sanglots après avoir remercié tous ceux qui les ont soutenus.

La plupart des jeunes avaient de la difficulté à contenir leurs émotions lorsqu'ils s'adressaient à la foule.

Les marcheurs s'étaient d'abord arrêtés tout près du parlement, sur l'île Victoria, là où Theresa Spence avait tenu sa grève de la faim. L'île, située en territoire traditionnel algonquin, a ainsi été le site d'une cérémonie de bienvenue pour le groupe de marcheurs.

Ces jeunes souhaitent montrer leur unité et le dynamisme de la nouvelle génération autochtone. Ils réclament aussi le respect de leurs territoires traditionnels.

«Vous avez atteint vos objectifs, à la manière des Cris», a lancé Matthew Coon Come, ancien chef national de l'Assemblée des Premières Nations, pour les féliciter.

Le député néo-démocrate autochtone Roméo Saganash, flanqué de plusieurs membres du caucus de son parti ainsi que du chef Thomas Mulcair, a résumé l'action des jeunes en affirmant que «votre main tendue pour la réconciliation est ce que je vais ramener avec moi au Parlement».

Parmi la foule, on trouvait de nombreux autochtones de différentes nations.

Un groupe de femmes a expliqué sa présence en affirmant son soutien au mouvement de protestation «Idle no more» (la passivité, c'est fini), qui a généré depuis le début de l'année beaucoup d'attention pour les problèmes vécus par les Premières Nations.

De jeunes hommes, partis à l'aube des environs de Sudbury, en Ontario, ont indiqué que les jeunes voulaient aussi prendre leur place et parler pour défendre leurs nations.

Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, devait rencontrer les marcheurs lundi après-midi.

«Je vais les écouter. Il s'agit de m'informer de leurs préoccupations», a promis celui qui vient d'hériter de ce ministère. Pour parler de leurs défis, mais aussi des meilleurs moyens à prendre pour régler les problèmes vécus par tous les autochtones au pays, a-t-il expliqué.

En Chambre, il a ajouté que «nous reconnaissons et prenons note de la détermination de ces jeunes marcheurs et nous les félicitons pour leur engagement visant à s'attaquer aux problèmes des nations autochtones».

L'opposition n'a pas manqué de noter l'absence du premier ministre.

«Sur l'île Victoria, des gens de partout au Canada se posaient la même question. Pourquoi le premier ministre a choisi d'aller à la rencontre de deux pandas aux petits soins lors d'un vol plutôt que de rencontrer de jeunes gens courageux qui ont marché quelque 1600 km?», a demandé la libérale Carolyn Bennett, comme l'a aussi demandé sa collège néo-démocrate Niki Ashton.

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