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Le secrétaire d'État américain et le président afghan font la paix

25/03/2013 08:57 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

KABOUL - Le secrétaire d'État américain John Kerry et le président afghan Hamid Karzaï ont fait la preuve lundi que les relations entre leurs deux pays étaient de nouveau harmonieuses alors que les États-Unis ont cédé le commandement de la dernière prison qu'ils contrôlaient encore en Afghanistan aux autorités locales.

La visite-surprise de M. Kerry à Kaboul survient au moment où Washington s'inquiète que M. Karzaï ne compromette la guerre contre les talibans avec ses déclarations anti-américaines. Après une rencontre en privé, le chef de la diplomatie américaine a affirmé que le leader afghan et lui étaient maintenant «sur la même longueur d'onde».

Plus tôt en mars, Hamid Karzaï avait suscité la colère des représentants des États-Unis en accusant la Maison-Blanche de comploter avec les talibans pour maintenir l'Afghanistan dans un état de faiblesse même si l'administration de Barack Obama continue à aller de l'avant avec son plan de remettre la sécurité du pays entre les mains des forces afghanes et de mettre fin à la mission de combat de l'OTAN d'ici la fin de 2014.

Lors d'une conférence de presse conjointe après la réunion, M. Karzaï a déclaré que les commentaires qu'il avait faits dans le cadre d'un discours télévisé avaient été mal interprétés par les médias. John Kerry a exprimé son désaccord sur ce point, mais a expliqué qu'il arrivait parfois que les gens tiennent en public des propos reflétant les idées d'autres personnes sans nécessairement les partager.

Le secrétaire d'État a dit être convaincu que le président afghan ne croyait pas que les États-Unis avaient un intérêt autre que celui de voir les talibans s'asseoir à la table des négociations pour faire la paix et de collaborer avec le gouvernement local pour assurer la protection de la population. Il a précisé avoir spécifiquement soulevé cette question lors de la rencontre et d'avoir été satisfait de la réponse de son interlocuteur.

De son côté, M. Karzaï a affirmé que la journée avait été excellente, faisant référence à la passation des pouvoirs survenue au centre de détention de la base militaire de Bagram au nord de Kaboul. Il a aussi exprimé sa reconnaissance concernant les sacrifices que les Américains avaient faits pour son pays.

Il a toutefois défendu ses allégations à propos du mauvais traitement réservé aux civils afghans par les soldats américains ou leurs entrepreneurs, soutenant que ses plaintes et ses critiques ne visaient pas à offenser qui que ce soit mais bien à protéger son peuple.

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