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Le plaidoyer de Lindros

25/03/2013 08:45 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

La Ligue nationale de 2013 jouit peut-être d'un comité pour la « sécurité des joueurs », il y a certainement moyen d'en faire plus pour protéger les artisans du hockey. Parlez-en à Eric Lindros.

L'ancien des Flyers de Philadelphie, retraité depuis bientôt six ans, jouait pourtant dans une LNH que l'on pourrait juger moins dangereuse qu'aujourd'hui. Mais ça n'a pas empêché certains porte-étendards de sa génération, les Pat LaFontaine, Paul Kariya et Lindros lui-même, de voir leur carrière tronquée à la suite de coups à la tête.

Or, Lindros a disputé la majorité de ses saisons à une époque où le hockey était plus lent qu'aujourd'hui. Le numéro 88 regrette d'ailleurs certaines évolutions de la LNH, surtout depuis la fin du lock-out de 2004-2005.

« Ça revient à la ligne rouge et à la vitesse du jeu, a expliqué Lindros, dimanche, à l'issue d'un match des anciens organisé à Montréal. Le jeu est très rapide. Les joueurs doivent prendre des décisions en une fraction de seconde, avec et sans la rondelle. Parfois, ce n'est pas suffisant pour prendre la bonne décision et se retenir.

« Parfois, les joueurs se tournent vers la bande, ils savent qu'ils ne devraient pas le faire, et 9 fois sur 10, ils ne le feraient pas. Mais parce que le rythme est si rapide, ils se placent en situation vulnérable et le joueur en échec-avant arrive à 100 milles à l'heure. Oui, la ligne rouge ralentirait le rythme, mais ça serait nettement plus sécuritaire. »

Contrairement à Chris Pronger, Lindros a eu la chance de se retirer relativement en santé.

« J'ai un peu mal au dos, mais ça arrive à tout le monde », dit-il. Mais il assure n'avoir gardé aucune séquelle de ses six commotions cérébrales subies en un espace de 27 mois avec les Flyers.

C'est toutefois un Lindros mi-figue mi-raisin qui s'exprime sur le sujet. Heureux que les commotions soient au cœur des discussions, mais désillusionné par un certain manque d'éthique entre athlètes.

« (Les commotions) vont survenir de toute façon, c'est un sport de contact. Mais la façon de les traiter est une autre question. Mais au moins, on utilise le mot commotion. Ça, c'est une bonne nouvelle, même s'il y en a encore qui parlent du bon vieux haut du corps.

« Mais les gars ont une cible sur le dos quand ils ont subi une ou deux commotions et les autres en profitent. C'est malheureux. »

« Je ne les ai pas vendus au Colorado »

Présenté à la foule du Centre Bell comme la trentaine d'autres anciens joueurs présents dimanche, Lindros a eu droit à une des bonnes ovations de la journée. Tout un contraste par rapport à sa carrière active, au cours de laquelle il était systématiquement hué dans les amphithéâtres québécois dès qu'il touchait la rondelle. Le Zdeno Chara de son époque.

Lindros ne s'est dit aucunement surpris de l'accueil qu'il a reçu.

« J'ai eu un problème avec un propriétaire d'équipe d'une autre ville. C'est une tout autre histoire », a-t-il répondu.
Devant l'insistance d'un collègue qui lui rappelait que les Québécois ont mis du temps à lui pardonner son refus de se rapporter aux Nordiques au repêchage de 1991, Lindros a sorti la ligne assassine.

« Ce n'est pas moi qui ai vendu les Nordiques au Colorado! »

Dans un échange confus, Lindros a ensuite vanté l'organisation du Canadien, qu'il qualifie comme « une des meilleures » du sport professionnel. C'est alors que survient une question spontanée : a-t-il déjà passé proche de se joindre au Canadien?

« C'était après, euh, je ne suis pas sûr... je ne devrais pas commenter. Je n'ai aucune idée. C'est à cause des commotions! »

Et Lindros de mettre fin à l'entretien sur cette boutade, laissant bouche bée deux journalistes.

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