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La Nouvelle-Écosse a attendu avant d'informer le public d'une éclosion d'E. coli

25/03/2013 02:04 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

HALIFAX - Les responsables de la santé publique de la Nouvelle-Écosse savaient qu'ils faisaient face à une éclosion d'E. coli cinq jours avant d'en informer le public en janvier, révèlent des documents obtenus par La Presse Canadienne.

La première indication que les autorités étaient au fait de l'éclosion de E. coli 0157 provient de deux courriels envoyés par le médecin en chef de la province à du personnel du ministère de la Santé et aux autorités régionales de la santé le 31 décembre 2012.

Dans un des courriels, le docteur Robert Strang écrit que le ministère de la Santé en était à acquérir davantage d'information sur l'éclosion, et que les responsables se rencontreraient le 2 janvier pour évaluer la situation.

Des notes prises lors de cette réunion, obtenues grâce à la Loi sur l'accès à l'information, indiquent que les responsables du ministère de la Santé savaient qu'ils faisaient face à sept cas de E. coli 0157, qui touchaient des gens âgés entre 18 et 83 ans.

Ces notes expliquaient aussi que six de ces personnes avaient indiqué avoir mangé dans des établissements de restauration rapide et qu'elles montraient des symptômes d'une infection bactérienne entre les 23 et 26 décembre 2012.

Les responsables étaient au fait qu'une autre éclosion de E. coli de la même souche touchait le Nouveau-Brunswick, mais ont décidé de retarder leur avertissement au public, indiquent les documents.

Les notes indiquent que puisqu'il n'avait pas encore eu «d'appels des médias», les responsables ont décidé de ne rien signaler jusqu'à ce qu'un lien soit déterminé.

«Si le Nouveau-Brunswick envoie ce message, nous devrions être conséquents. Retardez de 24 heures», dit la note.

Ce n'est pas avant le 4 janvier que le ministère a diffusé un communiqué confirmant qu'il enquêtait sur les cas de E. coli, pour lesquels deux personnes ont dû être hospitalisées. Personne n'est décédé.

En entrevue, M. Strang a défendu les responsables du ministère de la Santé, disant qu'ils ne voulaient pas dissimuler de l'information. Ils tentaient plutôt de récolter davantage d'information des gens qui avaient été infectés.

«Le jugement était que nous devrions attendre au moins 24 heures pour que nous puissions avoir quelque chose de concret à dire au public», a-t-il expliqué.

Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick a de son côté dévoilé l'éclosion de E. coli de la province le 3 janvier, ce qui a amené les médias à questionner le ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse, indiquent les documents.

Selon M. Strang, le médecin en chef du Nouveau-Brunswick a pu avertir le public un jour à l'avance parce que l'éclosion était survenue un jour avant.

L'éclosion, qui a plus tard également été détectée en Ontario, a été retracée à de la laitue déchiquetée distribuée par FreshPoint aux restaurants Poulet Frit Kentucky et Taco Bell.

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